Avati – Nostradamus, Des confitures, Les Bibliophiles de France, Paris, 2010, estimation 400-600 euros, lot 656, vente les 27 et 28 février 2015 à la librairie Alain Ferraton à Bruxelles – www.ferraton.be

Cette gravure est extraite d’un ouvrage de bibliophilie qui conjugue quelques recettes extraites d’un traité de Nostradamus au talent de Mario Avati (1921-2009), maître es manière noire. A la base de cette pièce de collection, il y a quelques exquises receptes extraites du traité sur La manière de faire (des) confitures de plusieurs sortes, un ouvrage de 1555 dû à un certain Michel de Nostredame (dit Nostradamus, 1503-1566). Le peintre et graveur français Avati a été inspiré par la thématique de l’apothicaire-astrologue et a pris son berceau pour illustrer ces recettes. Cette activité est coutumière de l’artiste qui a illustré de nombreux ouvrages de bibliophilie parmi lesquels Chiméra, deux contes photographiques de Lewis Caroll, les Contes cruels de Villiers de l’Isle-Adam ou les Aphorismes, menus et variétés de Brillat-Savarin. Après sa formation à l’Ecole nationale des Arts Décoratifs de Nice et à l’Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts de Paris, Avati pratique toutes les techniques de la gravure pour ensuite en choisir une seule – la manière noire – qu’il contribue à remettre à l’honneur après deux siècles de désuétude. D’abord pratiquée exclusivement en noir, il y introduit la couleur à la fin des années soixante. L’ouvrage qui nous occupe est de cette veine, avec des formes, volontiers géométrisées, qui semblent sortir de l’ombre. Cette caractéristique, typique du procédé qui permet de rendre les noirs avec beaucoup de douceur et de velouté, se décline toute en finesse dans les natures mortes qui constituent le sujet récurrent de son œuvre. Une œuvre d’inspiration classique, qui n’est pas sans rappeler certaines compositions de Morandi. Avati grave des fleurs, des animaux, des objets usuels et des fruits, comme ici où les coings croisent le Gyngembre mecquin tandis que les poires, coupées en demi, semblent nous dévisager de leurs pépins. Les textures sont palpables, la lumière donne toute la saveur à ces fruits un peu mystérieux. Les framboises comme les Limonz & Orenges, censés ravir le palais, sont de petits bijoux de raffinement. L’ensemble composé de 12 gravures en couleur porte une estimation de 400-600 euros et pourra être acquis, ainsi que les 1270 autres lots qui composent cette vacation, les 27 et 28 février 2015.

A propos de l'auteur

Laure Eggericx

Chroniqueuse et journaliste"Historienne de l’art et plasticienne, j’alterne depuis des années la plume et le pinceau pour assouvir et communiquer ma passion de l’art, du patrimoine et de l’architecture. Journaliste pour différents quotidiens (Le Soir, La Libre ...) et magazines (Villas, Les Nouvelles du Patrimoine...), j’ai collaboré à de nombreux ouvrages et expositions concernant aussi bien artistes et artisans qu’architectes contemporains, sites historiques ou balades touristiques. Le marché de l’art est la plus récente corde à mon violon."Laure Eggericx est licenciée en histoire de l’art et archéologie (ULB), graduée en architecture d’intérieur (Saint-Luc-Essai) et diplômée en recherches graphiques et picturales (Académie JJ Gaillard).

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