Autour de l’impressionnisme est la troisième exposition que l’Association du Patrimoine Artistique consacre aux peintres impressionnistes belge, et plus précisément aux œuvres réalisées entre 1886 et 1906. Elle présente une sélection d’œuvres d’artistes tels que : Anna Boch, Emile Claus, Rodolphe De Saegher, Anna De Weert, Henri Evenepoel, Modeste Huys, Constantin Meunier, Jenny Montigny, George Morren, Isidore Verheyden, Guillaume Vogels, Rodolphe Wytsman et Juliette Wytsman.

Les œuvres exposées, inédites pour la plupart, proviennent exclusivement de collections privées belges. Ces œuvres nous permettent, d’une part, d’avoir un regard plus approfondi sur cette période particulièrement féconde de l’art belge et, d’autre part, de mettre l’accent sur la spécificité de l’impressionnisme belge qui comporte deux branches : l’Impressionnisme dit autochtone dont G.Vogels est incontestablement le représentant le plus important et le Luminisme tel qu’il a été élaboré par E. Claus et ses disciples.

Ainsi, Neige de Vogels, que nous présentons pour la première fois au public depuis 1888, est peut-être le tableau le plus significatif, non seulement au sein de son œuvre mais aussi de l’Impressionnisme autochtone. Ce tableau fait la synthèse des recherches plastiques élaborées par l’artiste dans des œuvres majeures telles que Matinée pluvieuse à Ixelles et La neige, forêt de Soignes, des Musées royaux des Beaux-arts. Ce n’est certainement pas un hasard si Vogels a choisi de présenter cette œuvre à la prestigieuse exposition du groupe des XX de 1888 consacrée justement cette année-là au thème « De la lumière dans la peinture ».

Quant aux Bords de la Lys d’Emile Claus, de l’ancienne collection Théo Hannon et datée de 1890, elle témoigne d’une nouvelle orientation dans la carrière de l’artiste : sa vision de plus en plus soutenue par un lyrisme de la lumière aboutit à une sorte de luminisme plein de verve et de poésie. C’est précisément cette période, point culminant de son œuvre, qui a séduit ses disciples tels qu’Anna de Weert, Jenny Montigny et Rodolphe de Saegher dont sont présentées également quelques œuvres. Mais les comparaisons ne s’arrêtent pas là. Le moulin d’Isidore Verheyden, vibrant de lumière et de tons clairs, contraste avec Maison de campagne d’Anna Boch où les accords fondus de tons gris créent une atmosphère plus stable, plus solide, moins subordonnée au mouvement.

De Franz Binjé, disciple de Vogels, qui, comme son maître, compte parmi les peintres majeurs de l’école belge du XIXe, voici Le toit rouge de l’ancienne collection Octave Maus. C’est une œuvre discrète, d’une luminosité féerique, irréelle, et de ce fait, presque inclassable. Citons aussi quatre œuvres marquantes de l’exposition : Chemin sous la neige et Hiver de Guillaume Vogels, le premier acquis à l’artiste par de l’éditeur Edmond Deman et le second par Edmond Picard. Un Nu intimiste de Georges Morren et une Hiercheuse de Constantin Meunier montrée pour la dernière fois à la rétrospective Meunier à Berlin en 1930.

Enfin, et non des moindres, une dizaine d’œuvres d’Henri Evenepoel, le peintre de la tendresse comme l’a surnommé le cinéaste Paul Haesaerts, est exposée. Le court métrage (1970, 20 minutes) de Paul Haesaerts consacré à cet artiste est projeté durant l’exposition.

Avec Guillaume Vogels jetons un dernier regard sur les rigueurs vaporeuses de l’hiver et préparons-nous à accueillir ces verts tendres qui surgiront bientôt de partout et qui s’annoncent avec éclat dans les toiles de ce peintre à la technique stupéfiante pour son temps. Place également à l’appétit de lumière de ses contemporains : Rodolphe De Saegher, Emile Claus, Modest Huys, Frans Binjé et Rodolphe Wytsman, prometteur du bonheur que laisse l’air doux et parfumé des beaux jours. Qui dit printemps évoque aussi la femme et la voici présente avec les regards croisés de Juliette Wytsman, Jenny Montigny ou Anna De Weert sur la nature, mais aussi par les portraits contrastés de L’ouvrière de Constantin Meunier, un nu de George Morren ou de L’élégante d’Henri Evenepoel, imaginée pour le parfumeur parisien Blaise.

Nous recherchons encore Evenepoel

Dans l’exposition, d’autres œuvres – paysages, portraits, affiches, dessins – d’Henri Evenepoel animeront votre parcours. Notre projet est d’aboutir d’ici un an à un hommage plus centré sur ce peintre à la carrière si brève. La dernière monographie le concernant date de 1994. Elle répertorie quelques 300 œuvres parmi lesquelles une centaine n’était pas localisée. Nous en avons retrouvé à ce jour une vingtaine. Si vous pouvez nous aider à en redécouvrir dans des collections privées, n’hésitez pas à nous en faire part. (info@associationdupatrimoineartistique.be)

Autour de l’Impressionnisme
Association du Patrimoine Artistique
7 rue Charles Hanssens
1000 Bruxelles
Du jeudi au samedi de 14h à 18h, ainsi que le dimanche 22 mars aux mêmes heures
Jusqu’au 22 mars
www.associationdupatrimoineartistique.be

Guillaume Vogels, L'Estacade à Ostende

Guillaume Vogels, L’Estacade à Ostende

Rodolphe de Saegher

Rodolphe de Saegher

Henir Evenepoel, Le Mendiant

Henir Evenepoel, Le Mendiant

Henri Evenepoel, Neige

Henri Evenepoel, Neige

Une réponse

  1. BDDC - Antwerpen

    Dommage que les organisateurs aient oublié Raymond de la Haye de Lierre (Lier-Antwerpen), impressioniste et luministe belge de la période 1886-1906 visée. La plupart de ses oeuvres appartiennent à l’ association Raymond de la Haye et est exposée à Lierre. La barrière linguistique ?
    http://nl.wikipedia.org/wiki/Raymond_de_la_Haye

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