Prestigieuse, occupant un large terrain le long de Fifth Avenue, la collection d’un des grands industriels américains du “Gilded Age” (notre Belle Epoque) prête 36 œuvres sublimes à la Mauritshuis. Celui-ci avait prêté, l’année passée, 15 chefs d’œuvre, dont La jeune fille à la perle de Vermeer – le visage désormais universel de ce musée et de l’art hollandais.

La Frick collection possède aussi une girl – c’est un must de nos jours. Il ne s’agit pas d’une petite hollandaise anonyme, comme chez Vermeer. Le portrait qu’a peint Ingres de Louise-Albertine, princesse de Broglie et Comtesse d’Haussonville, en 1845, peut paraître plus chic, mais intrigue autant par le regard et le mouvement des bras. Il faut spécifier que Henry Clay Frick – un milliardaire d’origine modeste, un self-made man exemplaire – stipulait dans son testament que ses tableaux ne pouvaient pas quitter sa demeure, destinée à devenir un musée. Vous voyez donc aussi des acquisitions faites par ses enfants, qui poursuivirent la collection de leur père. Ils eurent la main heureuse et les fonds nécessaires.

Regardez la petite salle avec un portrait par Memling, parmi les meilleurs, un tableau de Van Eyck (et atelier) avec au fond une ville splendide et un petit mais fascinant tableau de Pierre Bruegel l’ancien, représentant trois soldats, daté 1568, acquis en 1965 ! Dans la grande salle, une belle suite de paysages, d’un Paysage avec pont de Jacob Van Ruisdael, au Cheval blanc de John Constable, que la collection Frick a pu acquérir chez les descendants de John Pierpont Morgan, pendant la deuxième guerre. Vous voyez au passage un Boucher, Dame sur canapé, une candidate à la prochaine élection des girls de la collection. Une autre concurrente : le buste en marbre de Béatrice d’Aragon (ca 1471-4) par Francesco Laurana, un legs de John D. Rockefeller Jr. à la Fondation Frick. Les grandes familles américaines continuent à partager leur patrimoine d’art. Le modèle de ces collections fabuleuses était la Wallace Collection à Londres (une collection typique du goût aristocratique anglais) qu’Henry Clay Frick et Andrew Mellon ont visité en 1880. L’exode de nombreuses œuvres de première importance vers les Etats-Unis fut critiqué alors par des conservateurs de musée (sans budget conséquent) de Berlin à Paris.

The Frick Collection
Mauritshuis
La Haye
Jusqu’au 10 mai
 www.mauritshuis.nl
www.frick.org

Bruegel the Elder, The Three Soldiers, Frick Collection

Bruegel the Elder, The Three Soldiers, Frick Collection

John Constable , The White Horse,  Frick Collection

John Constable , The White Horse, Frick Collection

Jean-Auguste-Dominique Ingres, Comtesse d’Haussonville, Frick Collection

Jean-Auguste-Dominique Ingres, Comtesse d’Haussonville, Frick Collection

Hans Memling, Portrait of a Man, Frick Collection

Hans Memling, Portrait of a Man, Frick Collection

Jan van Eyck, Virgin and Child, with Saints and Donor, Frick Collection

Jan van Eyck, Virgin and Child, with Saints and Donor, Frick Collection

Portrait of Étienne Vincent-Marniola, The Frick Collection

Portrait of Étienne Vincent-Marniola, The Frick Collection

Laurana, The Frick Collection

Laurana, The Frick Collection

Thomas Gainsborough, Grace Dalrymple Elliott,  The Frick Collection

Thomas Gainsborough, Grace Dalrymple Elliott,
The Frick Collection

Henry Clay Frick

Henry Clay Frick

Fotograaf: © Ivo Hoekstra Credits: Mauritshuis, Den Haag

Fotograaf: © Ivo Hoekstra Credits: Mauritshuis, Den Haag

Fotograaf: © Ivo Hoekstra Credits: Mauritshuis, Den Haag

Fotograaf: © Ivo Hoekstra Credits: Mauritshuis, Den Haag

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