Jacques Laudy, Edimbourg, huile sur toile, 1937, estimation 800-1.000 euros, vente du 1er mars 2015 chez Banque Dessinée à Bruxelles – www.banquedessinee.be

Cette peinture signée Jacques Laudy, réalisée à Edimbourg dans le quartier du Whitehorse close, illustre à merveille l’amour et la passion de l’artiste pour cette contrée. Cette scène pittoresque écossaise sera reprise à l’aquarelle pour un livre resté inédit intitulé Les Rues d’Edimbourg en 1984. On y reconnaît le futur major Redstone (personnage issu de la série Hassan et Kaddour) déambulant dans un quartier typique. Sous le porche, Laudy s’est caricaturé au côté d’un ami artiste. Cette huile de 1937 sera mise aux enchères ce 1er mars prochain ainsi qu’une dizaine de lots du peintre-dessinateur belge connu pour avoir prêté ses traits au très british Capitaine Blake de son ami Jacobs. C’est l’hommage que l’équipe d’Arnaud de Partz rend à cet artiste singulier lors de sa 39e vente qui compte plus de 700 pièces. Figure majeure de la bande dessinée belge, Jacques Laudy (1907-1993) a une formation de peintre et le restera avant tout. A l’époque de la Seconde Guerre mondiale, Jacques Laudy ne peut continuer sa carrière de peintre et se lance dans l’illustration, d’abord pour Bravo et dès 1946 pour le Journal de Tintin. Il y démarre une fresque historique Les 4 fils Aymon et adapte ensuite Bob Roy, un roman de Walter Scott. En 1948, aidé par son ami Jacques Van Melkebeke, il lance Hassan et Kaddour, une série merveilleuse inspirée des Mille et une Nuits, qui se termine au milieu des années soixante, le style de Laudy étant jugé vieillot, « trop » classique et « trop » artistique. Hergé parle de lui comme d’un homme du Moyen Age égaré à l’époque moderne. L’homme s’en retournera donc vers sa peinture jusqu’à sa redécouverte à la fin des années septante et l’édition de la quasi-totalité de son œuvre. N’empêche, la place de Jacques Laudy dans l’histoire de la bande dessinée belge n’est pas anodine. L’homme développe un style très personnel, en avance sur son temps : ligne nette, graphisme simple, importance accordée aux couleurs, grande maîtrise de l’aquarelle, technique inusitée à l‘époque… Maître du récit historique, il emmène le lecteur dans un univers merveilleux et fantastique avec une touche d’ironie et un graphisme qui fait penser aux plus grands : Rackham, Pyle, Robinson ou Dulac.

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