Une insoutenable légèreté, c’est ce qu’il faut, ainsi que la belle inspiration de Kundera, pour monter une exposition avec pas moins de 36 artistes. Cet accrochage offre un regard sur l’actualité des pratiques héritées du surréalisme au sens le plus large du terme – non pas le courant dogmatique théorisé par Breton, mais plutôt ce qu’en firent Magritte et ses suiveurs, de Belgique ou d’ailleurs – sans oublier les lointaines mais fortes réminiscences de Dada. Artistes belges ou étrangers, ils sont parrainés par la galerie depuis plus ou moins longtemps.

Sur les découpages de billets de banque de Carlos Aires, rehaussés de photos de célébrités, on découvre Fabiola ou la reine Mathilde. Frances Goodman, qui fut la reine de la paillette, travaille aujourd’hui avec des faux cils : délicat, inquiétant. David Kramer le New-Yorkais décale avec légèreté images publicitaires et phrases mantras. André Stas propose trois de ses collages dadaïstes. Daniele Buetti donne à voir des conversations par sms, celles qui font rire et illustrent toute la vacuité de la communication d’aujourd’hui. On avait pu voir Sinking in the rain de Charley Case à l’exposition Antefuture au BIRRH. Avec A hundred deaths, c’est 100 répliques – étrangement belles – de balles, obus, bombes en céramique recouvertes de feuilles d’or, cuivre ou platine que Cathy Coëz offre à notre regard. Pointons les Sculpted magazines de Christopher Coppers (comme ce Dali Ipod sex), les détournements de Nancy Fouts (Soap razor blade, Salt ‘n’ pepper bicnoculars, Adam and Eve), tous délicieux, légers et décalés qu’aucun surréaliste n’aurait désavoué, le gueulophone coulé dans le bronze de John Isaacs ou, sur le même ton, la mitraillette de Robert Kunec. Il fallait bien quelques Marcel Mariën pour digérer tout ça. En voici quatre !

Dans l’entrée de la galerie, Laurent Perbos fait pleurer une sculpture antique de larmes de sang. Pointons encore Sylvie Ronflette, dont les sculptures en plâtre synthétique sont troublantes : rêve ou réalité ? La réalité, rêvée et retournée comme un gant ! « Toutes ces œuvres témoignent de la vitalité de l’héritage dadaïste et surréaliste, et de la manière dont les artistes d’aujourd’hui ont su le réinterpréter avec originalité – preuve que l’art contemporain ne peut se réduire au courant néo-conceptuel, comme on le fait trop souvent », conclut Pierre-Yves Desaive dans sa présentation de l’exposition. Une bien belle équipe. Il reste trois jours, courez-y !

The Remarkable Lightness of Being
Aeroplastics Contemporary
32 rue Blanche
1060 Bruxelles
Jusqu’au 10 janvier
Du mardi au vendredi de 13h à 18h30, samedi de 14h à 18h
http://www.aeroplastics.net/

Cathy Coez, Robert Kunec, André Stas et les frères Chapman, expo The Remarkable Lightness of Being, Aeroplastics

Cathy Coez, Robert Kunec, André Stas et les frères Chapman, expo The Remarkable Lightness of Being, Aeroplastics

Charley Case, Frances Goodman, Laurent Perbos et Marcel Mariën, expo The Remarkable Lightness of Being, Aeroplastics

Charley Case, Frances Goodman, Laurent Perbos et Marcel Mariën, expo The Remarkable Lightness of Being, Aeroplastics

John Isaacs, expo The Remarkable Lightness of Being, Aeroplastics

John Isaacs, expo The Remarkable Lightness of Being, Aeroplastics

Nancy Fouts, Tobias Sternberg, Jean-Marie Gheerardijn, Filip Markiewicz et Cathy Coëz, expo The Remarkable Lightness of Being, Aeroplastics

Nancy Fouts, Tobias Sternberg, Jean-Marie Gheerardijn, Filip Markiewicz et Cathy Coëz, expo The Remarkable Lightness of Being, Aeroplastics

Tracey Snelling, Daniele Buetti, Filip Markiewicz et David Kramer, expo The Remarkable Lightness of Being, Aeroplastics

Tracey Snelling, Daniele Buetti, Filip Markiewicz et David Kramer, expo The Remarkable Lightness of Being, Aeroplastics

Wolfe von Lenkiewicz, Robert Gligorov et John Isaacs, expo The Remarkable Lightness of Being, Aeroplastics

Wolfe von Lenkiewicz, Robert Gligorov et John Isaacs, expo The Remarkable Lightness of Being, Aeroplastics

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