« J’ai su très tôt que j’avais envie d’une sorte de dislocation et de complexité », explique Shirley Jaffe en 1980. « Il y a toujours eu ce désir, perçu consciemment ou non, d’exprimer la pluralité des événements visuels. » Dans cette première monographie consacrée à son oeuvre, le critique new-yorkais Raphael Rubinstein retrace l’évolution artistique de cette artiste américaine née en 1923 et vivant en France, évolution caractérisée par son rejet de l’abstraction gestuelle en faveur d’une approche mettant délibérément l’accent sur la forme et la couleur. Peu de textes et d’innombrables reproductions font de ce livre un régal pour les yeux.

Une longue biographie en introduction de l’ouvrage détaille les influences subies par l’artiste et les éléments biographiques (crise de 1929 qui mène sa famille à New York ou installation à Paris en 1949 avec son mari) qui sont intervenus dans l’évolution de son travail. Locataire de Louise Bourgeois à Paris, voisine d’Agnès Varda dans les années 1970, cette femme artiste prendra toute une vie pour avoir son travail reconnu. Des années 1980 à aujourd’hui, Shirley Jaffe déploie sur de très grands formats des aplats de couleurs sur fond blanc dans la lignée des découpages de Matisse, perpétuellement réinventés dans la quête d’une géométrie mystique. Puisant son inspiration dans les méandres urbains de Paris et New York, Shirley Jaffe continue d’éblouir le spectateur avec des peintures exubérantes et complexes célébrant la pluralité visuelle et une poétique de la précision.

Shirley Jaffe | Editions  Flammarion | Couverture rigide | 23,7 x 30,6 cm | 272 pages | 65 € | http://editions.flammarion.com/

 

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