C’est un père et son fils qui vivent reclus dans leur maison de Cape Cod, dans le Maine. Le père, un savant américain renommé, souffre du syndrome de Diogène : il ramasse, accumule et entasse tout ce qu’il peut trouver autour de lui. Son fils Eric, qui partage avec lui la maison, est victime de différentes psychoses obsessionnelles. Ils ne travaillent plus, vivant coupés du reste du monde. Leurs névroses vont petit à petit les mener à la ruine et à la vente de leur dernier bien, leur maison.

C’est ce moment que choisit le photographe David Hilliard pour capter la vie de ces deux hommes et les liens à la fois tendres et angoissants qui les lient. Ses photos forment des diptyques, triptyques ou quadriptyques. S’y déroule une narration qui mêle solitude, liens, vie quotidienne, instant figé qu’on sent être juste avant le basculement vers la tragédie.

Sur cette table, des fruits mordus, présentés de manière esthétique. Cette composition si colorée, si belle, tranche avec le regard fou de l’homme assis sur la gauche. Ici, le temps de la narration s’est écoulé de la droite vers la gauche, provoquant par ce contre-sens, un vertige. Sur une autre photo, on aperçoit le couloir défraîchi d’une maison familiale. Un homme, le fils, se tient droit, à l’arrêt dans l’escalier, sous une marine représentant un grand navire. C’est l’instant du naufrage. Rien ne va plus. Les taches d’humidité sur les murs semblent attester du pourrissement de la situation. Et ce tatouage sur le dos d’un homme, qui s’immerge presque complètement dans l’eau d’un lac qui semble prêt à l’engloutir ?

Dans une autre photo – un triptyque – on voit que la maison et le jardin sont envahis par la végétation, dont on a perdu le contrôle. Allégories de relations familiales ou amicales angoissantes, ces propositions du photographe de Boston donnent à voir quelque chose d’humain. Trop humain. D’une grande beauté.

Depuis 20 ans, David Hilliard met en images un roman personnel dans lequel sont évoqués sa famille, ses amis et proches, ses fantasmes ou ses peurs. Il est né en 1964, vit et travaille à Boston. Ses œuvres sont présentes dans les collections du Museum of Contemporary Art de Los Angeles, au Museum of Fine Arts de Boston, à l’Art Institute de Chicago, au New Mexico Museum of Art de Sante Fe, au Whitney Museum de New York, au Philadelphia Museum of Art…

La Galerie Particulière est une galerie française qui vient d’installer une antenne belge dans le quartier du Châtelain, à Bruxelles.
The Tale is True
David Hilliard
Galerie Particulière
14 place du Châtelain

1050 Bruxelles
Jusqu’au 2 février
Du mardi au vendredi de 14h à 19h, samedi de 11h à 19h
http://www.lagalerieparticuliere.com/

David Hilliard, La Galerie Particulière

David Hilliard, La Galerie Particulière

David Hilliard, La Galerie Particulière

David Hilliard, La Galerie Particulière

David Hilliard, La Galerie Particulière

David Hilliard, La Galerie Particulière

David Hilliard, La Galerie Particulière

David Hilliard, La Galerie Particulière

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david_hilliard_la_galerie_particuliere_2033

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