A Bruxelles

En décembre 2015 s’ouvrira à côté de l’Atomium un nouveau musée, le Plasticarium. Art & Design Museum, conçu autour d’une collection d’objets tout plastique, du quotidien ou œuvres d’art.

En 1987, c’est en ramassant une chaise Joe Colombo sur les poubelles que Philippe Decelle se dit que notre société a la mémoire courte. Ce sauvetage d’une chaise en plastique est le geste fondateur du Plasticarium. Au fil des ans, le collectionneur a accumulé plus de 1100 pièces, de 1960, date de la création du premier meuble tout plastique, à 1973, année du choc pétrolier, toutes provenances confondues, avec une extension pour le post-pop de 1987 à 2000.

Cette collection bruxelloise, bien connue et souvent exposée à l’étranger était accessible sur rendez-vous. « Il n’y avait aucune littérature à l’époque sur ce sujet, sur cette utopie du tout plastique », raconte Decelle. « Je suis passé de chineur à collectionneur, des brocantes au marché de Clignancourt et à celui de Portobello puis aux salles de ventes comme Drouot. Cette collection était à côté, à part de mes activités d’ingénieur civil et d’artiste peintre. Ce fut à la fois un loisir et une passion. Vous savez, les gens les plus dangereux sont les gens qui s’emmerdent. Aujourd’hui, ma collection était arrivée à maturité. En 2001, j’ai prêté 70 pièces pour l’exposition Les Années POP au Centre Pompidou. En 2015, plusieurs pièces partent à la Tate Modern de Londres, pour How pop goes. »

Decelle tente depuis plusieurs années de mettre sa collection à disposition du public en assurant sa pérennité. C’est l’Atomium asbl qui en devient aujourd’hui propriétaire. Ce projet permet de conserver dans son entièreté la collection et de la garder à Bruxelles. Sa nature l’assortit tout naturellement à l’Atomium, monument iconique des trente glorieuses. La valeur totale de la collection n’a pas été rendue publique. Elle a été achetée par l’Atomium comme base d’un nouveau musée, sur fonds propres, sous le parrainage de la Fondation Roi Baudouin.

Le Plasticarium. Art & Design Museum ouvrira ses portes en décembre 2015 dans le bâtiment du Trade Mart, voisin des neuf boules en acier. « Ce sera comme une dixième boule », explique Henri Simons, directeur de l’Atomium. « Le musée sera géré par notre équipe et disposera de 5000 m2 dont près de la moitié sera consacrée à une exposition permanente de la collection de Philippe Decelle. Mille mètres carrés seront affectés aux expositions temporaires dédiées à l’art et au design du XXe siècle à aujourd’hui. Les expositions consacrées au design moderniste et contemporain (telle la biennale Intersections. Belgian Design) seront relocalisées dans les espaces d’expos temporaires du nouveau musée. Les collaborations avec les manifestations bruxelloises telles qu’Art Brussels, Europalia, Design september seront maintenues et approfondies. Des collaborations avec MAD Brussels, la Fondation Roi Baudouin et Vitra Foundation sont initiées. De plus, une synergie est en train d’être mise en place avec le Grand Hornu et le Design Museum de Gand : dépliant commun, co-ticketing, etc. », poursuit le directeur.

Karine Lalieux, échevine de la culture de la ville de Bruxelles explique que la ville prend le budget d’installation en charge, soit 600.000 euros.

« Le passé n’existe qu’en fonction de souvenirs que nous voulons bien garder. La période 1960-1973 est, pour la génération des baby-boomers, la nostalgie de leur jeunesse et pour les générations suivantes, toujours une source d’inspiration. Les matériaux nouveaux de l’époque, comme le plastique, étaient en rupture avec les anciens réseaux de matières nobles et traditionnelles. Ils n’ont pris de la valeur que parce qu’ils permettaient un style nouveau et radical », concluait Philippe Decelle lors de l’annonce à la presse du nouveau musée. Jusqu’au 25 mai, Orange Dreams est une petite exposition à voir dans l’Atomium, dont tous les objets sont issus de la collection, sur le thème de la couleur orange.

www.atomium.be

Au Grand-Hornu

Le Grand-Hornu Images a été créé en 1984. Depuis, sa mission a considérablement évolué et changé. Au départ, les statuts de l’asbl étaient très larges : cela allait du spectacle au concert en passant par l’exposition de photos. « C’est l’ancienne directrice, Françoise Foulon, qui a resserré les objectifs vers le design », raconte Marie Pok, l’actuelle directrice. « Le design était alors une matière culturelle en plein développement, tant dans les médias qu’au niveau institutionnel. Après la fermeture du Design Centre de Bruxelles en 1985, il n’existait en Belgique pas d’autre lieu dédié au design contemporain, à l’exception du Design Museum de Gand. La programmation de Grand-Hornu Images venait combler un manque dans le paysage belge. Les spécialistes et amateurs de design connaissaient le Grand-Hornu Images mais il restait peu connu du grand public. Celui-ci n’identifiait pas ses spécificités par rapport au Mac’s, sur le même site. »

Depuis début décembre, le Grand-Hornu Images est devenu CID – Centre d’Innovation et de Design. En changeant de nom, l’asbl désire introduire plusieurs notions. Le principe d’innovation s’entend dans le sens d’un bouleversement des normes et des façons de penser et faire habituelles. « Le CID souhaite amener le visiteur à dépasser sa résistance face à ce qui ne lui est pas familier, voire inconnu, à franchir ce que Raymond Loewy appelle le seuil de choc. Cette démarche n’est rien d’autre qu’un appel à l’ouverture à l’Autre », poursuit Marie Pok. « Pour moi, l’humain est essentiel dans la démarche du design. Il ne s’agit pas simplement d’objets. »

Depuis sa fondation, le Grand-Hornu Images a organisé près de 80 expositions et événements culturels, comprenant, au départ, des expositions assez diverses comme par exemple The Morgue d’Andres Serrano, Jules Verne, La Terre vue du ciel de Yann Arthus Bertrand, La main de l’homme du photographe Sebastiao Salgado. Des spectacles et concerts se sont également tenus au Grand-Hornu en partenariat avec le Manège Maubeuge dans le cadre des Inattendus. Depuis que les expos se sont centrées sur le design, on se souvient tout particulièrement de Passion Plastiques, Ingo Maurer, Martin Szekely, Matali Crasset, Garouste et Bonetti, les frères Bouroullec, Pierre Charpin, Big-Game et la fameuse aventure du projet Fabrica où tous les membres des équipes de Grand-Hornu Images et du MAC’s ont parlé de leur objet préféré, qui a donné naissance à un objet unique exécuté par l’équipe technique…

Le nouveau logo du CID est à la fois dynamique, graphique, simple et ludique. Il tranche avec l’ancien et traduit par son aspect construit la nouvelle approche du centre. Il a été conçu par Ekta, un jeune bureau de graphisme fondé en 2011 par Guillaume Deman et Flore Figuière. La prochaine exposition du tout nouveau CID, Futur Archaïque, s’ouvre le 25 janvier.

http://www.cid-grand-hornu.be/

Exhibition Orange Dreams. Crédit: Atomium  2014

Exhibition Orange Dreams. Crédit: Atomium 2014

Exhibition Orange Dreams. Crédit: Atomium  2014

Exhibition Orange Dreams. Crédit: Atomium 2014

Portait de Philippe Decelle

Portait de Philippe Decelle

Logo CID (Centre d'Innovation et de Design)

Logo CID (Centre d’Innovation et de Design)

Produits dérivés CID. Crédit: Ekta

Produits dérivés CID. Crédit: Ekta

 

 

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