James Ensor, Le salon bourgeois, huile sur toile, 1880, vendu 440.000 euros (frais inclus), le 20 janvier 2015 chez BAA à Bruxelles – www.ba-auctions.com

La vente de 78 œuvres de la collection Van Geluwe ce 20 janvier 2015 chez Brussels Art Auctions fut un franc succès. La salle de la rue Allard (dans le quartier du Sablon à Bruxelles) était archi comble et les enchères se sont fièrement envolées pour donner un tiercé de tête avec Ensor, Rik Wouters et Fritz Van Den Berghe. Il faut dire que la manne récoltée par Philip Serck, Isabel Maenaut et Eric La Pipe avait de quoi faire tourner la tête aux plus timorés : quatre Rik Wouters, 13 Permeke, 6 Ensor, 2 Van Den Berghe, 3 Meunier et bien d’autres artistes reconnus figuraient au sommaire de cet événement. Car c’est bien de cela dont il était question : Gustave Van Geluwe (1881-1962) fut en effet un collectionneur très important dans l’histoire de l’art de nos régions. Mécène et amateur d’art, il vécut entouré d’œuvres d’artistes de son temps, de James Ensor à Louis Moyano ou Pierre Alechinsky en passant par la Jeune Peinture Belge dont il fut un des fondateurs. A son décès, cette collection qui est l’une des plus importantes du XXe siècle en Belgique a été dispersée. De nombreuses œuvres marquantes ont rejoint des collections publiques, d’autres ont été conservées par plusieurs générations d’héritiers. Plus de cinquante ans après la disparition du collectionneur, il est dès lors tout à fait remarquable de se trouver face à cet ensemble unique et représentatif de l’engagement pour l’art de cet homme qui fréquenta de nombreux artistes. James Ensor faisait partie de ces privilégiés. Parmi les 6 œuvres proposées à Bruxelles, Le salon bourgeois a tenu toutes ses promesses puisqu’il a largement dépassé son estimation. Il faut dire qu’il s’agit de la première version d’un tableau dont la seconde se trouve aux Musées des Beaux-Arts d’Anvers. C’est dire l’importance de cette œuvre qui est le premier tableau impressionniste de l’artiste, alors âgé de 20 ans. Sa toile est toute en lumière, touches vibrantes et suggestions. Ensor y représente ce qu’il voit et non ce qui est. On est loin de l’ambiance de la seconde version, plus symboliste, plus concrète. Les amateurs ne s’y sont pas trompés. Eux qui se sont bousculés pour la voir, ne fût-ce qu’un instant !

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