Bâton Yoruba pour Shango, Nigeria, bois, 63 cm de haut, estimation 15-20.000 euros, vente chez Lempertz à Bruxelles le 27 janvier 2015 – www.lempertz.com

Cette sculpture d’une grande douceur est un bâton de danse Oshe Shango du nom du dieu de la foudre et du tonnerre chez les Yorubas. L’emblème fourchu qui surmonte la longue figure féminine agenouillée tenant un petit bol est celui de ce dieu légendaire. D’après les croyances populaires, il aurait régné sur Oyo dont il fut le quatrième roi. Un souverain qui, abusant de ses pouvoirs magiques, en vint à détruire sa famille et son palais avant de fuir et de se pendre. Sa mort ne mit pas fin aux calamités qui continuèrent de s’abattre sur la cité. Elles furent dès lors attribuées à son esprit vengeur et les rois ultérieurs s’empressèrent de le déifier et de lui construire un sanctuaire. C’est ainsi que le culte naquit et se propagea rapidement, inspirant de nombreuses pièces Yoruba. Celle-ci est attrayante par la qualité de la sculpture et de la patine, probablement de la main d’un artiste talentueux non identifié de la première moitié du XIXe siècle, de la région de l’ancien empire Oyo où le culte de Shango est le plus répandu. Les larges marques sur les cuisses – les eyo – sont celles de la famille royale d’Oyo et sont réservées aux seules personnes de sang royal. On les trouve également sur deux bols Ifa conservés au Metropolitan Museum à New York. La coiffure inhabituelle – deux tresses se rejoignant dans la nuque – est proche de celle que l’on peut voir sur un porteur de bol du musée de Seattle et sur un bâton Shango conservé à Yale (Archive Van Rijn) où l’on retrouve également les amulettes sur la poitrine et dans le dos ainsi que les colliers de perles autour du cou et de la taille. Autant d’éléments qui donnent à cette pièce toute sa saveur et son raffinement, avec un rendu sensible du visage et une belle patine présentant quelques résidus de poudre de bois de cam. Cet objet est un des points forts de la manne rassemblée par Lempertz pour sa vente du 27 janvier prochain, qui alignera quelque 281 pièces d’art africain et océanien. Figures Mumuye, Songye, Ibeji, Senufo, Bambara, Mbunda, Lega voisinent avec des créations de Nouvelle-Guinée, d’Indonésie et de Papouasie. A voir dès le 22 janvier à Bruxelles dans leur nouvelle salle rue du Grand Cerf.

Bâton Yoruba pour Shango, Lempertz

Bâton Yoruba pour Shango, Lempertz

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