Paul Huet, Les rochers à Nice, huile sur toile, 1839, vendue 8.758 euros le 5 novembre 2014 à Paris chez Pierre Bergé & Associés – www.pba-auctions.com

C’est à la faveur de la dispersion d’un ensemble de livres, gravures, dessins, tableaux et aquarelles signés par le peintre précurseur de l’impressionnisme que l’on a pu redécouvrir la diversité du talent de Paul Huet (1803-1869). Une foultitude de petites choses – des croquis, des livres annotés, de merveilleuses eaux-fortes, des portraits à l’encre ou au crayon, des arbres ébauchés à l’aquarelle, de séduisants paysages à l’huile parfois mais plus volontiers à l’eau – témoignent de l’univers de cet artiste pleuré par son ami Eugène Delacroix. « Faire vrai c’est créer. Paul Huet a fait vrai, de là sa puissance. Il a compris la nature comme il faut la comprendre, empreinte de réalité et pénétrée d’idéal », écrivait celui qui fut son ami de toujours. Attiré dès son plus jeune âge par la peinture de plein air, Paul Huet fréquente différents ateliers avant d’arriver à l’école des Beaux-Arts et à l’Académie Suisse où il rencontre Eugène Delacroix. Influencé par Rembrandt et les maîtres hollandais mais surtout par les paysagistes anglais (dont John Constable qu’il découvre en 1824), il peint et dessine sur le motif la nature sous toutes ses formes : torrents, grottes, rochers, arbres, nuages, mers, forêts, montagnes et rivières, en France mais également en Italie, en Angleterre et aux Pays-Bas. Il se plaira également à croquer ses proches, comme des inconnus : des pêcheurs à Honfleur, un paysan à la campagne, une fillette jouant par terre, un jeune homme guindé… Les vues de villes voisinent avec des paysages tantôt champêtres, tantôt maritimes tandis que l’artiste ne cessera d’arpenter son pays et de voyager à gauche et à droite peignant la villa d’Este, la campagne normande, un torrent dans les Alpes, la vieille ville de Rouen, des rochers à Nice ou à Fontainebleau, les sous-bois des Pyrénées… Peintre et graveur, Paul Huet est aussi et surtout un formidable aquarelliste et il s’essaiera aussi au pastel dans les années 1840. C’est tout un univers et toute une époque que cette vacation a mis en lumière. Braquant les projecteurs sur Paul Huet dont certaines pièces ont fait de beaux résultats (comme les Rochers emportés pour le double de leur estimation basse), cette vente s’est également attachée aux œuvres de ses amis et descendants (David d’Angers, René Paul Huet ou Auguste Préault).

A propos de l'auteur

Laure Eggericx

Chroniqueuse et journaliste"Historienne de l’art et plasticienne, j’alterne depuis des années la plume et le pinceau pour assouvir et communiquer ma passion de l’art, du patrimoine et de l’architecture. Journaliste pour différents quotidiens (Le Soir, La Libre ...) et magazines (Villas, Les Nouvelles du Patrimoine...), j’ai collaboré à de nombreux ouvrages et expositions concernant aussi bien artistes et artisans qu’architectes contemporains, sites historiques ou balades touristiques. Le marché de l’art est la plus récente corde à mon violon."Laure Eggericx est licenciée en histoire de l’art et archéologie (ULB), graduée en architecture d’intérieur (Saint-Luc-Essai) et diplômée en recherches graphiques et picturales (Académie JJ Gaillard).

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