Deux expositions et un livre retracent les intenses relations artistiques entre la Lettonie et la Belgique pendant les années 1920 et 1930. Relations oubliées depuis, du moins chez nous, suite à la deuxième guerre mondiale et la très longue occupation soviétique. La Lettonie a heureusement pu retrouver son indépendance et sa place dans l’Union européenne, dont elle assure en 2015 la Présidence du Conseil. C’est aussi le retour de Riga en Europe, comme ancienne ville hanséatique et capitale culturelle en 2014.

En 1932, le Musée national des Beaux-Arts de Lettonie à Riga reçut un don de l’Etat belge, comportant 53 tableaux, 111 œuvres sur papier, quelques sculptures, des médailles et des dentelles. C’était la conséquence d’une importante exposition d’art belge (331 œuvres) en Lettonie et en Suède, en 1927. Le musée de Riga achetait alors des œuvres de Valerius de Saedeleer, d’Isidore Opsomer et de Georges Minne. Des bons contacts entre l’ambassadeur letton Janis Lazdins et Paul Lambotte, Haut commissaire des expositions à l’étranger de la Belqique, ont permis cette initiative exceptionnelle. Plusieurs artistes belges ont soutenu cette initiative par un don, comme Saverys, Buisseret (un portrait magnifique d’Anto Carte, à voir à La Louvière), Opsomer, Masui, Léon Navez, Anto Carte, Laermans, Rodolphe Strebelle, Alfred Delaunois, Jean Laudy, Pierre Paulus, Taf Wallet et Rassenfosse.

Riga était alors la capitale culturelle des états baltiques et cet apport culturel belge eut un rayonnement certain. Un artiste letton, Janis Tidemanis, passa quant à lui plusieurs années à l’académie d’Anvers. Il y interpréta à sa façon l’expressionnisme flamand et la modernité. L’exemple de Tidemanis a d’ailleurs contribué à une mode belge à l’académie des beaux-arts de Lettonie dans les années 1930. Janis Tidemanis collabora aussi au pavillon letton à l’Exposition Universelle de Bruxelles, en 1935. Sa jeune épouse, Elvira, y accueillait le public en costume traditionnel. Le musée de Bruxelles fit alors l’acquisition de plusieurs œuvres de l’école lettone, que Opsomer – célèbre à cette époque – classifia juste après les écoles françaises et belges. L’exposition au musée Ianchelevici à La Louvière est axée sur les correspondances avec le groupe Nervia, qui fut fondé à Riga en 1928. On y découvre aussi quelques œuvres contemporaines. Le BAL à Liège offre un aperçu plus vaste, en puisant dans ses réserves, si intéressantes, pour trouver des correspondances. Ces deux expositions révèlent une époque de réelle valeur artistique – oubliée ou négligée par une critique trop axée sur Paris (et même incapable de comprendre l’anglais). Ce que la Lettonie nous montre maintenant ne peut que nous inciter à aller découvrir les trésors (y compris belges) dans la belle ville de Riga.

Impressions et Parallèles
Musée Ianchelevici
21 place communale
7100 La Louvière
Jusqu’au 8 février 2015
www.musee.ianchelevici.be
Et
Musée des Beaux-Arts
86 Féronstrée 
4000 Liège
Jusqu’au 30 janvier 2015
www.lesmuseesdeliege.be 

Vue expo © Ville de Liege Bal © Photographe Marc Verpoorten

Vue expo © Ville de Liège Bal © Photographe Marc Verpoorten

Portrait de femme © L. Liberts © Ville de Liege BAL

Portrait de femme © L. Liberts © Ville de Liège BAL

Eugène Laermans, Les intrus, 1903, Huile sur toile, Collection du BAL © BAL - Ville de Liège

Eugène Laermans, Les intrus, 1903, Huile sur toile, Collection du BAL © BAL – Ville de Liège

Armand Rassenfosse, Femme se lavant, 1919, Huile sur toile, Collection du BAL © BAL - Ville de Liège

Armand Rassenfosse, Femme se lavant, 1919, Huile sur toile, Collection du BAL © BAL – Ville de Liège

sculpture de Ivars Drulle, devant le musée Ianchelevici

sculpture de Ivars Drulle, devant le musée Ianchelevici

Andris Eglītis, Near Ideal 2012, Exhibition View

Andris Eglītis, Near Ideal 2012, Exhibition View

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