Un jour de 1940, quatre garçons plutôt curieux trouvent l’entrée – un trou de renard – d’une grotte, sur le domaine du comte de Rochefoucauld-Montbel, à Montignac en Dordogne. Rien d’extraordinaire dans cette région. Mais les parois de cette grotte sont couvertes de peintures !

Une semaine plus tard, le spécialiste français de la préhistoire, l’abbé Henri Breuil, se rend sur place et photographie ce qui est visible. La grotte est loin d’être gigantesque mais on trouve des peintures à divers endroits en hauteur, d’où l’utilisation d’échelles. Et le sol est rempli de débris et de matériel. On ramasse tout, sans ordre. L’histoire du site et de sa conservation est désormais un enchaînement d’imprudences et d’erreurs. A l’époque, personne n’était conscient des conditions de conservation du patrimoine préhistorique. On a beaucoup appris depuis, aux frais de Lascaux.

L’entrée de ce site majeur était un trou et la grotte se trouvait derrière un éboulis. C’est ce qui permit la conservation du climat d’origine. Pour ouvrir et rentabiliser le site,  le comte fait construire en 1947 une grande entrée, un escalier et un piétonnier avec éclairage à travers les salles, détruisant ainsi les couches archéologiques. C’est un succès puisque Lascaux voit alors défiler jusqu’à 1800 visiteurs par jour ! Les peintures se dégradent rapidement. Le propriétaire a fermé le site en 1963, pour examen et restauration. Le ministre de la culture, André Malraux, décide alors d’interdire sa réouverture au public.

Au musée du Cinquantenaire, on peut découvrir une maquette de la grotte, quelques parois peintes grandeur nature représentant les habitants des cavernes, humains et animaux, de taille impressionnante. On pense que Lascaux n’a jamais été habitée. La grotte a dû avoir une autre fonction. Laquelle ? Une question aussi passionnante que la qualité des peintures qu’elle contient. Qui a peint ces quelque 2000 animaux il y a quelque 20 000 ans ? Et pourquoi n’y trouve-t-on qu’une seule figure humaine et aucune trace de représentations de plantes ou de paysages ?

Lascaux et la grotte de Han – un peu plus jeune car habitée depuis 9000 ans – peuvent être mises en parallèle. On y a trouvé des milliers d’objets attestant d’une présence humaine : outils, armes ou bijoux. Dans le parc naturel, en surface, on essaye de restaurer la nature de cette époque lointaine, avec la faune d’antan (bison, cerfs, etc.). La Société des Grottes de Han joue ainsi un rôle important dans la protection des espèces quasi disparues en Europe. Et la grotte est toujours accessible !

N’oubliez pas d’admirer la pierre du Trou de Chaleux sur laquelle sont gravés plusieurs animaux. C’est le premier dessin belge et un des dessins les plus anciens de l’humanité.

Lascaux
La Chapelle Sixtine de la préhistoire
Musées Royaux d’Art et d’Histoire
Parc du Cinquantenaire
Bruxelles
Jusqu’au 15 mars 2015
Du mardi au vendredi de 9h30 à 17h
Samedi et dimanche de 10h à 17h
www.mrah.be
www.lascaux-expo.fr
www.grotte-de-han.be

 

Black Cow, © Lascaux International Exhibition

Black Cow, © Lascaux International Exhibition

© Lascaux International Exhibition

© Lascaux International Exhibition

Pierre du Trou de Chaleux, © Muséum des Sciences Naturelles

Pierre du Trou de Chaleux, © Muséum des Sciences Naturelles

Crossed Bison, © Lascaux International Exhibition

Crossed Bison, © Lascaux International Exhibition

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