« (…) Jim only had a short while to achieve disorder amongst the paper a smaller format to push this time what’s the size of yourself what’s the trap in the question what’s the point of saying you can do it if the hand can wipe us out of so easily and still accomodate the flood philosophically I grin/ so had I !  (…) » C’est un extrait du long poème Poet Singing (The Flowering Sheets) écrit par l’artiste américain Jim Dine et paru aux Editions Steidl qui donne ses titres aux peintures à voir à la galerie Templon. Rythme, jeux de contrastes et de répétitions des mots trouvent leurs doubles dans les peintures de l’artiste.

Ce New-Yorkais né en 1935, vêtu d’une veste Mao et de baskets Nike, n’aime pas qu’on lui pose des questions sur sa peinture. Même et surtout le jour du vernissage. Il a peint, il lui semble que tout est dit et qu’ajouter des mots à ses toiles, c’est faire du bruit pour rien.

Voici Tears Up the Screams. En haut, du rose vif. A gauche, un bleu turquoise lui répond. Vers le bas, plusieurs zones d’orange sanguine, des touches de vert herbe. Un brun sombre en arrière-fond fait l’appoint, donne le rythme, joue les seconds rôles. Du jaune comme des flashes. Le cercle comme matrice liant les éléments entre eux. Ca fait « Shebam ! Pow ! Blop ! Wizz ! » comme dirait Gainsbourg. Les couleurs vives, jetées en mouvements vifs sur la toile, placées en masses et surfaces denses, dialoguent entre elles en un chant puissant, joyeux.

Né aux Etats-Unis, Jim Dine travaille entre New York, Walla Walla et Paris. Pionnier du happening et compagnon du pop art, Jim Dine emprunte rapidement une voie singulière. Il se rattache à la tradition européenne portée par des artistes qu’il vénère, de Rembrandt à Matisse. Bois, lithographie, photographie, métal, pierre, il expérimente toutes les techniques pour en bouleverser les règles et les pousser à leurs limites. On le considère parfois comme faisant partie du mouvement Neo-Dada. Il a aujourd’hui abandonné les cœurs et les Pinocchio qui peuplaient ses toiles, gagnant ainsi en puissance. Quand on lui demande s’il en est venu à l’abstraction, on le sent mécontent : le sujet, c’est la peinture, explique ce vieux monsieur barbu. Le fait de peindre, l’acte de peindre est un plaisir et c’est cela qui l’emplit de bonheur. Rien d’abstrait, donc !

La toile est d’abord posée sur le sol. Dine y verse du sable, qui est fixé avec une base acrylique transparente. Ensuite, il y pose la couleur, elle-même parfois additionnée de sable. Cela crée un relief sur la surface, extrêmement dur, que l’artiste viendra parfois araser et sculpter à la ponceuse.

Ce grand format résume à lui seul l’ensemble des toiles à voir à la galerie Templon. Chantantes, vives, joyeuses et puissantes, elles sont chacune un hommage rendu à la couleur pure. S’y promener enchante les yeux et le cœur. Que du bonheur.

Jim Dine
New Paintings
Galerie Templon
13 A rue Veydt
1060 Bruxelles
Jusqu’au 20 décembre 2014
Du mardi au samedi de 11h à 18h
www.galeriedanieltemplon.com

Jim Dine - Galerie Daniel Templon

Jim Dine – Galerie Daniel Templon

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Jim Dine – Galerie Daniel Templon

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Jim Dine - Galerie Daniel Templon

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