Derrière les œuvres de Lucy + Jorge Orta, c’est toute une réflexion et une analyse complexe des problématiques actuelles concernant l’eau, l’accès à la nourriture et l’écologie qui sont à voir. Voyageant, travaillant avec des habitants dans les lieux qu’ils visitent, ces artistes alchimisent leurs réflexions via leur pratique artistique et proposent, au bout de leur cheminement, des objets-réceptacles de leurs pensées.

Notre processus créatif est semblable aux branches d’un arbre poussant dans différentes directions”, explique Jorge. “Le tronc représente notre démarche conceptuelle et nos questions : comment l’art pourrait-il donner une plus grand visibilité aux problèmes du monde ? Est-il possible de fusionner l’esthétique et la fonction ? Qu’est-ce que l’art pourrait apporter pour stimuler des actions alternatives, qu’il s’agisse de l’eau, des migrations, de la biodiversité, du changement climatique, des dons d’organes et autres domaines ?

Jorge Orta est né en Argentine en 1953. L’art fut, durant les années de dictature, un outil de liberté pour lui et ses camarades artistes. A l’époque, ils ont pris des risques énormes pour transmettre des cassettes audio, des courriers qui contenaient des informations dangereuses. Ces courriers furent aussi le support de son art, son « mail-art ». L’immense cachet en bois à voir dans l’exposition est une trace de cette activité “cachée” de ces années 1980. Cette “manière de faire” est encore présente dans l’exposition qui s’est ouverte à la galerie Valérie Bach.

Lucy Orta, née en 1966 en Grande-Bretagne, a rencontré Jorge à Paris. Depuis 1992, ils développent ensemble un travail pluridisciplinaire qui exige une lecture précise. Dessin, sculpture, couture, peinture, sérigraphie, photographie, vidéo, intervention éphémère et performance sont leurs médiums. Ajoutons-y les collaborations avec la Manufacture de Sèvres, pour des séries d’assiettes en porcelaine ou avec un fondeur pour leurs objets en fonte d’aluminium. Ainsi, les œuvres de ce duo sont le résultat d’une réflexion complexe et arborescente qui se déploie via une multitude de matériaux, aussi en arborescence. On note alors que c’est sans doute les rencontres, les interactions entre les personnes ou les idées qui sont le centre de leur créativité.

A voir aujourd’hui, sur le thème de la raréfaction de l’eau, de gros nuages constitués d’amas de bouteilles d’eau trouvées dans des déchetteries. Des étagères de “cuisine” parlent de la nourriture, du suremballage, remplies de beaux objets en fonte, laqués de noir ou de blanc. De très beaux dessins dont certains sont aquarellisés, La Grainothèque, représentant des graines, pollens et tubercules et suggérant la grande fragilité des espèces qui nous entourent. Voici les Enfants de la Villette, lutins vifs, esprits joueurs, toujours en lien avec le thème de l’eau. Toujours intéressantes, voire passionnantes à découvrir, surtout quand on écoute les artistes en parler, les pièces manquent un peu de cette vibration qui trouble le cœur, émeut et réchauffe.

Lucy + Jorge Orta
Galerie Valerie Bach
6 rue Faider
1060 Bruxelles
Jusqu’au 6 décembre 2014
Du jeudi au samedi de 11h à 13h et de 14h à 19h, mercredi de 14h à 18h
www.galerievaleriebach.com

 

Hortirecycling Enterprise ‐ Vitrine, Orta, photo Anne Greuzat

Hortirecycling Enterprise ‐ Vitrine, Orta, photo Anne Greuzat

Epicerie ‐ Vitrine (miroir blanc), Orta, photo Lucy + Jorge Orta

Epicerie ‐ Vitrine (miroir blanc), Orta, photo Lucy + Jorge Orta

Manifesto Stamp - Contextuel Art, Orta, photo Lucy + Jorge Orta

Manifesto Stamp – Contextuel Art, Orta, photo Lucy + Jorge Orta

Spilt Milk, Orta, photo Lucy + Jorge Orta

Spilt Milk, Orta, photo Lucy + Jorge Orta

Enfant de la Villette ‐ Jonas, Orta, photo Anne Greuzat

Enfant de la Villette ‐ Jonas, Orta, photo Anne Greuzat

Enfant de la Villette ‐ Elena, Orta, photo Anne Greuzat

Enfant de la Villette ‐ Elena, Orta, photo Anne Greuzat

 

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