Depuis deux ans, Karine Marenne développe le projet Art Maid, une performance pour laquelle l’artiste se rend chez des collectionneurs pour des « œuvrages » à domicile. Le néologisme né de l’association des mots « œuvre » et « ouvrage » est un concept qui désigne différents « tableaux » dans lesquels un collectionneur accepte de se mettre en scène avec une ou plusieurs œuvres d’art lui appartenant. Karine Marenne devient alors Art Maid, la soubrette de l’art, habillée, maquillée et équipée en conséquence ; une démarche atypique, à l’image de l’artiste.

Elle se revendique d’une tradition artistique belge marquée par un humour particulier, un décalage qui s’exprime par l’absurde et n’a pas peur du loufoque. Malgré un large sourire et une légère robe verte, c’est à un seau rose que le futur interlocuteur est ainsi censé reconnaître Karine Marenne. Attablée à la terrasse d’un des nombreux cafés installés face à la gare du Nord, la plasticienne se confie avant son départ pour Bruxelles. Enfant, elle accumule et conserve les objets qu’elle ramasse à l’extérieur : « Je ne sais pas si je peux parler de collection mais dès que je voyais quelque chose qui me plaisait dans la forêt, je le mettais dans mes poches. Ma mère les vidait régulièrement, mais ce que j’arrivais à garder, je l’installais dans ma chambre. » A l’école, Karine passe beaucoup de temps à dessiner et les mathématiques ne sont pas son fort alors, quand on lui demande si l’art est une vocation, elle préfère parler d’évidence. C’est donc naturellement qu’elle intègre l’Ecole supérieure des arts plastiques et visuels de Mons où elle aiguise son œil. Elle fréquente un atelier pluridisciplinaire où l’accent est mis sur le développement d’une réflexion artistique dans l’espace public, sans pour autant proposer une spécialisation sur tel ou tel médium : « On se spécialise, ça vient de soi au fur et à mesure en fonction du message qu’on souhaite véhiculer, mais on n’apprend pas le dessin ou la peinture. » Pendant dix ans, Karine Marenne se consacre alors à la vidéo avant de se tourner définitivement vers la performance et la photographie. C’est aussi très jeune qu’elle découvre son goût pour le contact, un intérêt que l’on retrouve dans plusieurs travaux et qui prouve sa constante recherche d’un art relationnel. C’est ainsi qu’elle est amenée à collaborer avec Monsieur et Madame Tout-le-monde, artistes comme contrôleurs de train ! Dans Caravan of Love, elle est au côté d’un jeune homme avec lequel elle forme le couple de Monsieur et Madame Dufour, une immersion dans l’intimité d’un quotidien qui permet de souligner les rapports qui y prennent vie.

Avec We Love Art, au Palais des Beaux-arts de Bruxelles, Karine Marenne propose un parallèle entre l’art et le sport. Deux domaines éloignés auxquels l’artiste trouve pourtant des similitudes : « C’est assez paradoxal mais, pour moi, on est dans le même milieu, il y a des sponsors qui misent sur une personne, dans le domaine de l’art, c’est un peu la même chose ! » L’artiste réalise alors une performance et demande à l’équipe du musée, artistes et commissaires d’exposition, de faire du sport, de suer pour l’art. (…)

Dans le cadre d’un partenariat avec Arts Hebdo Medias, un site français d’information dédié à l’art contemporain, nous vous proposons de lire la suite de cet article sur http://www.artshebdomedias.com/article/281014-la-collection-au-xxie-siecle-karine-marenne-oeuvre-chez-les-collectionneursArt Maid, Pat Andrea, Deret s dining room, Karine Marenne. Photo Geert De Taeye

Art Maid, Pat Andrea, Deret s dining room, Karine Marenne. Photo Geert De Taeye

Art Maid, Mehdi-Georges Lahlou, stand de la galerie Dix9, Slick 2012, Karine Marenne. Photo Geert De Taeye

Art Maid, Mehdi-Georges Lahlou, stand de la galerie Dix9, Slick 2012, Karine Marenne. Photo Geert De Taeye

 Art Maid, Gérard Zlotykmien, Les Bains - Marois Collection, quatrième étage, Karine Marenne. Photo Geert De Taeye


Art Maid, Gérard Zlotykmien, Les Bains – Marois Collection, quatrième étage, Karine Marenne. Photo Geert De Taeye

Art Maid, Frederik Van Simaey, stand de la Waterside Contemporary Gallery, Art Brussels 2013, Karine Marenne. Photo Geert De Taeye

Art Maid, Frederik Van Simaey, stand de la Waterside Contemporary Gallery, Art Brussels 2013, Karine Marenne. Photo Geert De Taeye

 Art Maid, Galila et Stephen Sack, cuisine de Galila Barzilaï-Hollander, Karine Marenne. Photo Geert De Taeye


Art Maid, Galila et Stephen Sack, cuisine de Galila Barzilaï-Hollander, Karine Marenne. Photo Geert De Taeye

Art Maid, Galila et Stephen Sack, cuisine de Galila Barzilaï-Hollander (croquis préparatoire), Karine Marenne. Photo MLD

Art Maid, Galila et Stephen Sack, cuisine de Galila Barzilaï-Hollander (croquis préparatoire), Karine Marenne. Photo MLD

Art Maid, Tony Cragg #02, chambre de Marie Servais, Karine Marenne. Photo Geert De Taeye

Art Maid, Tony Cragg #02, chambre de Marie Servais, Karine Marenne. Photo Geert De Taeye

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