Hergé, Tintin et Milou, planches n°13 et 14 recto-verso à la mine de plomb de l’épisode Les Bijoux de la Castafiore publié aux Editions Casterman en 1963, estimation 300-350.000 euros, vente du 30 novembre 2014 à l’Hôtel de ventes des Casernes, www.banquedessinee.be

Ce qui concerne Hergé et ses créatures est souvent fort cher, il suffit de consulter les résultats des enchères réalisées par Le Petit Reporter de par le monde pour s’en faire une idée. En cette fin novembre, c’est à Bruxelles que devraient converger tous les regards puisque la bien-nommée « Banque Dessinée » mettra à l’encan ce dimanche 30 novembre plus de 700 lots dont une double planche recto-verso à la mine de plomb de l’épisode Les Bijoux de la Castafiore estimée à plus de… 300.000 euros ! Un montant colossal pour une pièce tout aussi exceptionnelle puisqu’il s’agit d’un crayonné de la main de Hergé destiné à préparer l’un de ses récits considéré comme le plus abouti, marqué par l’arrivée de la Diva qui trouble l’univers devenu si bien ordonné de Tintin. Il s’agit ici non plus d’une action aventureuse mais d’un véritable huis clos. Tout se passe à Moulinsart où se déroule un récit immobile, alimenté par l’incommunicabilité entre les personnages. Ces planches crayonnées par le père de Tintin illustrent la méthode de travail de l’artiste qui procède à la mise en place des décors, des dialogues et des personnages. Entre ces études crayonnées et les planches encrées, on peut observer nombre de différences et de modifications : le texte se transforme, le cadrage et le découpage évoluent, des scènes sont inversées, afin de donner davantage de rythme et de clarté au récit. Les marges contiennent plusieurs croquis rapides et spontanés. Ces études au crayon révèlent les exigences, les doutes et la recherche incessante de ce maître de la perfection. Le trait dévoile sa vision personnelle et le souci d’équilibre entre les pleins et les vides. Outre cette composition rare, dédicacée, signée et datée, les bédéphiles – plus et moins fortunés – trouveront quantité de trésors parmi les objets dérivés, les dédicaces, les albums, les tirages de tête et même les originaux de Aslan à Yslaire, allant de quelques centaines d’euros à plusieurs milliers. Rendez-vous sur le site ou in situ.

A propos de l'auteur

Laure Eggericx

Chroniqueuse et journaliste"Historienne de l’art et plasticienne, j’alterne depuis des années la plume et le pinceau pour assouvir et communiquer ma passion de l’art, du patrimoine et de l’architecture. Journaliste pour différents quotidiens (Le Soir, La Libre ...) et magazines (Villas, Les Nouvelles du Patrimoine...), j’ai collaboré à de nombreux ouvrages et expositions concernant aussi bien artistes et artisans qu’architectes contemporains, sites historiques ou balades touristiques. Le marché de l’art est la plus récente corde à mon violon."Laure Eggericx est licenciée en histoire de l’art et archéologie (ULB), graduée en architecture d’intérieur (Saint-Luc-Essai) et diplômée en recherches graphiques et picturales (Académie JJ Gaillard).

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