Peter et Irène Ludwig ont une place importante parmi les collectionneurs du XXe siècle. Ils sont issus de l’élite industrielle de Rhénanie et sont nés dans des familles où l’amour de l’art et de la collection vont de soi. Ils ont tous les deux étudié l’histoire de l’art, ce qui ne les a pas empêchés de diriger une grande entreprise.

Peter étudie à l’université de Mainz la représentation de l’homme dans l’œuvre de Picasso et commence à le collectionner. Résultat à voir au musée : une collection Picasso magnifique!

Plus tard, les Ludwig sont sensibles au changement dans l’art des années 1960 et décident d’acquérir aussi le pop art américain. La présence d’un phénomène nouveau dans les œuvres – la consommation à grande échelle – a probablement intéressé le couple, qui dirigeait une grande entreprise d’alimentation (chocolat). Ils ont visité des ateliers d’artistes lors de voyages d’affaires aux USA. Les achats se faisaient via des galeries comme Zwirner, Castelli, Sonnabend, etc. Le résultat : un ensemble de plus de 150 œuvres, sans doute la collection de pop art la plus importante au monde.

Cette collection a contribué à l’essor artistique du Rheinland (patrie de Richter, entre autres). Les artistes y avaient sous les yeux les exemples les plus récents de la nouvelle mode américaine. Beaucoup de jeunes Belges ont découvert le pop art là-bas. Il faut dire que le côté politique de ce mouvement est important. On a critiqué le fait qu’on n’y trouve que peu d’artistes femmes ou d’artistes européens (à l’exception de quelques Anglais). C’est vrai.

L’exposition est structurée thématiquement, de Buy, Buy (boîtes Brillo de Warhol), à Signs of Life (Robert Indiana), About Art (Lichtenstein), Stars and Starlets (Hamilton) jusque Anonymity (Segal) et Pin-up-girls versus Emancipation (Mel Ramos). Toute l’époque y passe. Vous y découvrez David Hockney comme un élève sage et travailleur. Avec un demi-siècle de distance – et si on parvient à oublier un moment la cote de certains – le pop art paraît bien amusant, à côté du conceptuel qui paraîtra ensuite.

Ludwig Goes Pop
Ludwig Museum
Cologne
Jusqu’au 11 janvier 2015
www.museum-ludwig.de

Warhol, Hanson et Rosenquist

Museum Ludwig, Ludwig goes Pop, Köln

Museum Ludwig, Jasper Johns, Zero to Nine, 1959, ML/1651, ML

Jasper Johns, Zero to nine, 1959

Warhol, Portrait de Peter Ludwig, 1980

Warhol, Portrait de Peter Ludwig, 1980

Tom Wesselmann, Landscape n° 4, 1965

Tom Wesselmann, Landscape n° 4, 1965

 

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