Constantin Meunier a ouvert les beaux-arts aux ouvriers, aux dockers et aux mineurs, dont il a fait des icônes de la modernité. Mais le rôle social du peintre et sculpteur belge ne doit pas éclipser son importance artistique. Sa carrière reflète les grandes évolutions de l’art belge dans la deuxième moitié du XIXe. On trouve deux moments charnières dans le parcours de l’artiste. En 1854, Meunier a à peine 23 ans,  après neuf ans de formation à la sculpture académique officielle chez Louis Jehotte, il décide de changer d’orientation et de style. Bouleversé par les Casseurs de pierres de Courbet, il réalise que cette peinture moderne et choquante apporte une réponse aux interrogations artistiques et sociales de son temps. Durant les 25 années qui suivent, il va s’adonner exclusivement à la peinture et au dessin. Son deuxième volte-face, en 1880, découle de sa découverte du travail industriel. En 1878, il aurait visité une aciérie à Régissant près de Huy et serait entré en contact avec l’univers impressionnant et suggestif de la technique industrielle moderne. Ces étapes majeures,  ainsi que les aspects méconnus (peintures intimistes qui rapellent Alfred Stevens, peintures religieuses) de son travail sont déployés de manière très structurée dans la belle monographie éditée à l’occasion de l’exposition aux Musées Royaux des Beaux-Aers de Bruxelles.  Au fils des photos, on découvre comme sa ligne s’épure, tant dans les peintures que dans les sculptures, faisant la part belle aux représentations humaines à la stature digne et forçant le respect.

CONSTANTIN MEUNIER (1831-1905) | Francisca Vandepitte e.a. | Editions Lannoo | Couverture rigide |  25 x 29 cm | 320 pages | 39,33 € www.lannooshop.com/meunier

 

 

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