Constantin Meunier, c’est la vie dans les mines et les ports. Un artiste social. Il en reste des monuments. Et, en tant qu’artiste belge, il a battu un record : il n’a dû attendre que 100 ans pour avoir une rétrospective sérieuse ! C’est chose faite maintenant grâce aux MRBAB et au musée M Leuven.

N’oublions pas que Meunier fut sans aucun doute l’artiste belge le plus reconnu dans le monde autour de 1900 (bien plus qu’Ensor ou Khnopff). On trouve ses œuvres autant dans les villes industrielles de l’est des Etats-Unis qu’en Europe centrale, avec le musée de Budapest (Empire austro-hongrois) en tête.

A Bruxelles, le musée sis dans la maison-atelier de l’artiste rue de l’Abbaye à Ixelles, acheté à la fille de Meunier en 1936, offre à voir 800 œuvres. La redécouverte de Meunier a été mise en marche en 1998 par Maurice Zwern qui montrait un magnifique ensemble dans sa galerie de la rue aux Laines.

La recherche, impressionnante, qui a prévalu à l’exposition à voir aujourd’hui apporte une vision nouvelle. On y montre le Meunier « avant Meunier ». Il a étudié la sculpture à l’académie de Bruxelles, mais s’est tourné presque immédiatement vers la peinture en autodidacte. Il peint ainsi des religieuses (non sans poésie), des pères trappistes, des scènes familiales charmantes et des tableaux d’histoire, comme L’Allégorie de la mort de Lincoln. Cette œuvre de 1865, jamais exposée en Europe, montre un talent d’artiste officiel qu’on n’attend pas de Meunier.

Il peignait d’autres sujets historiques comme la guerre des paysans contre le régime de Napoléon. Tout cela a été occulté ou oublié quand Meunier est devenu l’artiste social par excellence. Il ne sera cependant jamais membre des XX et il gagnera sa vie en tant que professeur de sculpture à l’académie de Louvain (où il disposait d’un grand atelier). Il est invité dans les grands salons internationaux. Son exposition personnelle chez Bing à Paris en 1896 sera la consécration qu’il n’a jamais connue en Belgique. Sa vie a été marquée par la mort de ses deux fils. L’ainé, Karl, venait de reproduire une série de motifs de son père en gravure, sous sa direction. Cette série, « Au Pays Noir », était présente chez Zwern mais pas au musée ! Il s’agit pourtant d’œuvres encore accessibles en vente publique.

L’équipe actuelle du musée n’est pas responsable de l’énorme retard du retour muséal de Meunier, alors que le marché de l’art a compris depuis longtemps quelle était sa valeur. Les grands musées à l’étranger ne l’ont certainement pas négligé dans leurs expositions sur 1900 ou sur l’art social. Francisca Vandepitte, commissaire, a fait un très bon travail. L’exposition ne se limite pas au musée. On propose une promenade Meunier à travers Bruxelles et vous pouvez suivre, au musée de Louvain (M Leuven), l’explosion créatrice de l’artiste, dans son grand atelier. Le catalogue est intéressant et bien édité. Mais la biographie reste très succincte. A quand une biographie sérieuse d’un de nos artistes les plus importants et célèbres ?

Constantin Meunier
Musées Royaux des Beaux-Arts 
3 rue de la Régence
1000 Bruxelles
Jusqu’au 11 janvier
Du mardi au dimanche de 10h à 17h
À partir du 1er décembre, du mardi au vendredi de 10h à 17h, du samedi au dimanche 10h à 18h
www.expo-meunier.be 

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Constantin Meunier, Monument du travail, 1930, Laeken, Bruxelles - © Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0

Constantin Meunier, Monument du travail, 1930, Laeken, Bruxelles –
© Creative Commons Attribution-Share Alike 3.0

Sur le chemin de la mine;, Constantin Meunier - MRBAB © KMSKB

Sur le chemin de la mine;, Constantin Meunier – MRBAB © KMSKB

La coulée à Ougrée – Constantin Meunier © Ville de Liège – BAL

La coulée à Ougrée – Constantin Meunier © Ville de Liège – BAL

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