Chaque année au mois de septembre, Le Salon d’Art offre ses cimaises à un photographe. C’est la deuxième fois que Beata Szparagowska expose ici. Ses petits formats carrés à la texture crémeuse sont autant de plongées dans une nature à la fois sombre et domptée : un champ, un bois, une cascade, un feu qui couve…

Beata Szparagowska est née en Pologne (1978). Après avoir écrit un mémoire en littérature sur l’impuissance des mots à dire les choses, elle vient à Bruxelles et commence à prendre des photos. Diplômée de l’Ecole Supérieure des Arts de l’Image « Le 75 » (2009), elle a exposé plusieurs fois en Belgique, en France et en Suisse.

Si les mots sont impuissants à dire les choses, les images ont bien ce pouvoir. Et particulièrement celles de Szparagowska. Loin des bruits du monde, au bord de la nuit ou à quelques minutes de l’aube, dans une brume bleutée presque impénétrable, ses photographies donnent à voir des instants d’une lenteur pleine de poésie.

Il est vrai que toute une série d’artistes tentent aujourd’hui de s’extraire de l’affolement, de la vitesse, de la folie du monde moderne, pour porter leur regard sur les beautés de la nature, des paysages intemporels. On pense aux clichés de Patrick Bock à voir actuellement à la galerie Braam.

Ce faisant, ils offrent à notre œil des images qui ne peuvent plus être datées, ni en jours ni en années. Et voilà qu’elles dégagent une profonde sérénité. A ne pas confondre avec la tranquillité. Ainsi, cette cascade d’eau prise en photo la nuit avec un temps de pose très long devient intemporelle et picturale, mouvementée et zen. Même chose pour cette cabane de bois sur un champ ou cette orée de forêt sombre.

« Il est une heure ou deux heures du matin. Il n’y a pas très longtemps que le soleil est passé sous la ligne d’horizon et bientôt il réapparaîtra. C’est la nuit, mais il ne fait pas noir. Tout est reflets de bleus. Tout baigne dans une pénombre dont la lumière n’est ni celle de la nuit précédente ni de la suivante. Dans sa durée prolongée, dans sa lenteur, entre chien et loup, la nature finlandaise m’offre un espace à habiter, à explorer à mon rythme. Je suis presque seule. Autour de moi tout vit au ralenti, au bord du monde du sommeil. Devant mes yeux, les contours s’estompent, les formes s’obscurcissent, le visible se dilue dans le sombre », écrit la photographe pour décrire son travail.

Beata Szparagowska
Le Salon d’Art
81, rue de l’Hôtel des Monnaies
1060 Saint-Gilles
Jusqu’au 18 octobre
Du mardi au vendredi de 14h à 18h30, samedi de 9h30 à 12h et de 14h à 18h
http://www.beataszparagowska.com/

(c) Beata Szparagowska

(c) Beata Szparagowska

(c) Beata Szparagowska

(c) Beata Szparagowska

(c) Beata Szparagowska

(c) Beata Szparagowska

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.