Le musée de l’Hermitage à Amsterdam est une dépendance du musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg. Il a déjà montré de nombreux ensembles prestigieux du richissime musée russe. Dans cette nouvelle exposition, il ne s’agit pas de tableaux ou d’antiquités, mais de vaisselle. On y découvre au travers de grandes tables dressées le faste de la cour russe et les bonnes relations entre les maisons régnantes au XIXe siècle.

Tout ce beau monde est réuni lors des dîners officiels, organisés à l’occasion de mariages, couronnements, anniversaires, etc. Tous ceux (qui comptent) aspirent à y être invités. Mais on n’y est pas seul. Il y a parfois des centaines d’invités, dont certains auront la chance d’approcher le tsar ou d’échanger quelques mots avec lui. Ce qui est considéré comme un grand honneur.

Les tables sont splendidement dressées. On y trouve de la porcelaine des manufactures les plus célèbres. Il faut bien un millier de pièces pour recevoir une telle quantité d’invités. Il y a toute une organisation, presque un monde, derrière ces assiettes, soupières et plats dont on ne voit généralement que quelques pièces dans les musées. Ici sont présentées de grandes tables entièrement dressées pour un événement précis.

Si la porcelaine règne partout, naturellement, il y a une exception de taille. L’impératrice Catherine II la Grande commanda en 1773 un service en faïence pour 50 couverts (944 pièces) chez Wedgewood. La décoration de ce service est originale : 1222 vues différentes de sites (châteaux, paysages, etc.) en Angleterre, ce qui fait que chaque pièce est unique ! Catherine II admirait l’Angleterre comme bastion de la liberté et du libéralisme, comme Voltaire, son correspondant !

Catherine la Grande est présente avec trois autres services. Le service à dessert Berlinois (1770) est un cadeau du roi prussien, Frédéric II le Grand. Il comporte 400 pièces peintes en polychromie et dorées. Il rappelle la victoire des Russes sur les Ottomans en 1768-72. Il y a le service de l’Ordre de Saint-Georges (80 couverts) produit par la Manufacture de porcelaine de Francis Gardner, près de Moscou. Et le service des Camées (1778-79) produit par la Manufacture royale de porcelaine de Sèvres à Paris. Ce fut un cadeau de l’Impératrice à un ami, le prince Grigori Potemkin. Destiné à 60 couverts, il compte 744 pièces et un groupe de sculptures de table, le « Parnasse russe ».

Il existe un lien direct entre les Pays-Bas et la Russie. Après la chute de Napoléon, la monarchie néerlandaise est rétablie. Le prince héritier, Guillaume, héros de Waterloo où il fut blessé (à l’endroit où se trouve la butte), épouse Anna Paulowna, la fille du tsar Paul I Romanov de Russie. Le prince réside longtemps à Bruxelles, dans un palais tout neuf en pur style néoclassique devenu aujourd’hui le Palais des Académies. Anna l’aimait beaucoup. Ils commandèrent un somptueux service à Sèvres, peint par un spécialiste belge, Fréderic Faber, qui avait une manufacture à Ixelles. Le grand talent de celui-ci est aussi à découvrir dans l’exposition.

Dining with the Tsars
0Hermitage
0Amsterdam
0jusqu’au 1 mars 2015
0www.hermitage.nl

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