Tendre est la nuit

(c) Patrick Bock

(c) Patrick Bock

Une image d’un bleu presque noir, intense, traversée d’une bande rose pâle. Une autre, bleu nuit, coupée en son milieu d’une ligne d’un bleu plus foncé, comme le centre d’un livre sépare deux pages. Ou un ciel de brouillard, dont les nuages flous font comme un halo qui se plonge et se perd dans ce qui doit être la mer, si tranquille.

Devant ces vues de ciels sur une mer plane dont les bleus profonds se confondent du haut vers le bas de l’image, la première question qui vient à l’esprit est celle de savoir s’il s’agit d’une peinture, d’un pastel ou d’une photographie. Les couleurs sont intenses, le grain délicat, soyeux, le motif imprécis et pourtant compréhensible. On ne s’attarde pas sur le sujet. Ce qui importe c’est cette sensation d’être aspiré par un bleu infini, cette envie d’y plonger.

Patrick Bock est photographe. Il a posé son appareil sur les rivages de la Corse. Utilisant des temps de poses qui vont de 2 secondes à 20 minutes, il capte toute la beauté éternelle et intemporelle de la mer. La ligne d’horizon, cette ligne qu’il rend précise, souvent surmontée d’une aube rosée ou d’un crépuscule laiteux, coupe l’image en deux et lui donne un aspect abstrait. On y voit des airs de Rothko. Bock se dit influencé par la tradition chinoise de peintures de paysages et on peut certainement voir dans ses propositions quelque chose de l’ordre du zen. Une plénitude et une sérénité s’en dégagent.

« Je travaille avec un film pour diapos, explique l’artiste. Celles-ci sont ensuite développées et scannées. Les scans sont nettoyés pour enlever la poussière et il faut faire une balance des couleurs pour que le tirage, qui est fait en numérique sur un papier coton « art » avec une imprimante à encre pigmentaire. Le résultat est semblable à un pastel et n’a pas la sensation un peu plastique des papiers photographiques traditionnels », explique Bock.

La beauté profonde et tranquille de ses photos reste en tension à cause de l’aspect étrange et qui semble « peint » des images. S’en dégagent un mystère, une question, même si l’œil voyage jusqu’au point de fuite, là où la ligne d’horizon rejoint un ciel infini.

Patrick Bock
Photographies
Braam Art Gallery
9, rue Fourmois
1050 Bruxelles
Jusqu’au 11 octobre
Du mercredi au samedi de 14h à 18h
www.braamjp.be

(c) Patrick Bock

(c) Patrick Bock

(c) Patrick Bock

(c) Patrick Bock

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(c) Patrick Bock

(c) Patrick Bock

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