La Cité internationale de la dentelle et de la mode de Calais occupe une ancienne usine de dentelle, agrandie par une aile toute contemporaine. On y présente le développement de la dentelle mécanique à grande échelle au XIXe siècle, une spécialité de Calais. Vous y trouvez plusieurs métiers Leavers, encore en fonctionnement. Lors des démonstrations, on ne peut qu’être admiratif devant la finesse technique de ces grandes machines – et la qualité des produits, la dentelle de Calais d’antan. Une section du très large musée montre l’évolution du métier pendant deux siècles, les outils et l’effet des modes. Une autre section est, bien naturellement, consacrée aux produits des ateliers, qui ont fait vivre Calais pendant plus d’un siècle. Dans cet aperçu de la production, des pièces exceptionnelles côtoient la production plus courante, grand public, et forment ainsi un magnifique panorama  du vêtement et de la parure du corps. On suit l’évolution de la mode, pas à pas.

Dentelle et mode… suggestion et séduction… fascination des matières… sensualité et poésie

Il n’y a pas que l’histoire dans cette Cité. Prenez l’exposition “Lace Effects 2”. Notons, en passant, que l’anglais n’est jamais très loin à Calais. La ville a été anglaise pendant des siècles. De grands artistes comme Turner y ont travaillé. Ne soyez pas étonné de trouver une grande église en style Tudor, unique sur le continent (et qui possède un magnifique retable anversois).  “Lace Effects 2” montre le travail récent de 20 artistes, toutes techniques contemporaines d’art textile confondues: 9 Anglais, 7 Belges, 3 Français, 1 Néerlandais. C’est le côté expérimental du textile. Le choix souligne l’ambition européenne du musée.

La « pièce de résistance » de cette saison est la présentation de créations de vêtements, bien sûr, mais touchés ou chargés d’une imagination sans borne. Et pourtant l’oeil s’attache d’abord au côté technique. Comment tout cela a-t-il été assemblé? On a beau avoir un rêve, encore faut-il que cela tienne ensemble. La grande diversité de matières étonne. Ce rêve fantastique est l’oeuvre de Livia Stoianova, Yassen Samouliov – deux bulgares – et André de Sà Pessoa (ce dernier décédé en 2005), actifs dans la maison parisienne “On aura tout vu”. Leur inspiration a des racines dans les icônes, chez Jérôme Bosch et les surréalistes. Dans la poésie, aussi. Des citations d’écrivains du 19è et 20è siècle, mais aussi d’Erasme, accompagnent les mannequins et suggèrent d’autres dimensions ou posent des questions. Tout cela est présenté, faut-il le répéter,  avec beaucoup d’inventivité. Cette exposition vous change les idées sur la mode : une robe en bois, une veste composée de montres Swatch etc.  On aura tout vu – c’est la réalité ici, à moins que ce couple de Parisiens bulgares ne continue à étonner. Ils en sont bien capables…

 On aura tout vu: Sensations
Cité Internationale de la dentelle et de la mode
Calais
Jusqu’au 31 décembre
www.cite-dentelle.fr

  

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