Vingt-cinq designers belges ont été invités à présenter leur travail à l’ING Art Center. Une belle manière de leur offrir une vitrine peu courante en Belgique. Notre pays regorge de talents créatifs. Mais, comme souvent, c’est à l’international qu’ils trouvent leur vraie mesure. C’est valable chez les artistes plasticiens, les dessinateurs de BD, les illustrateurs… et les designers.

Formés à très bonne école – la Belgique attire de nombreux étudiants de l’Europe entière pour la qualité de ses écoles d’art et de création – ils doivent aller chercher des éditeurs à Milan, en France, etc. Et sont donc souvent peu accessibles ou visibles sur le marché belge. Seuls les passionnés, en cherchant un peu, savent où se procurer telle ou telle pièce.

L’exposition qui s’est ouverte à l’ING Art Center offre au grand public une belle occasion de voir ou de découvrir les pièces iconiques de ces designers. Elle a été montée par MAD Brussels. MAD est une asbl fondée par la région et la ville de Bruxelles, dont la mission est de promouvoir la mode et le design. Ces deux entités ont investi près de 7 millions d’euros via les fonds européens FEDER (Fonds européen de développement régional) pour la rénovation de ces 3.000 m2 situés au cœur du quartier Dansaert. La fin des travaux est prévue pour janvier 2016.

Trois objets

A voir pour chaque designer, trois pièces, selon une sélection amusante et étonnante. La première pièce doit être la création iconique du designer, celle qui l’a fait connaître, qui a défini son style et qui a été la plus médiatisée. Dans ce cas, la renommée du designer modifie-t-elle la perception de l’objet présenté ? L’autre élément de sélection est l’objet le plus rentable sur le plan économique. Cet objet a permis au designer de développer sa carrière, de marquer une étape importante dans son développement, soit il a offert à l’éditeur un atout en termes de compétitivité. La troisième création représente la meilleure vente du designer. Car en effet, le design a pour but d’être vendu. La beauté des formes doit s’allier à une commercialisation réussie.

« Un designer qui voit un énième projet de chaise comme le moyen d’exprimer ses états d’âme, cela ne devrait pas être autorisé. Je sais que ces paroles seront mal accueillies dans les milieux culturels, mais tout comme une chaise n’est pas un livre, un designer n’est pas un écrivain. Le design n’est ni un moyen de communication ni un entertainment channel. Sa première tâche est d’innover dans le monde industriel », explique judicieusement Alain Berteau, dont la Tab Chair est connue de notre œil.

Bram Bo (fils du peintre Bram Bogart) présente ses sièges et tables Gispy Things. De Nathalie Dewez, qu’on avait pu voir chez Nationa(a)l Pop-up Store, on trouve la très jolie lampe à poser Balance ou la suspension éditée par Habitat puis par Bislighting, Prism. Mais encore, les objets en acier de Nedda El-Asmar, le best-seller de Charles Kaisin, son K-Bench, vu et revu, magnifique et si efficace. Il vient de dessiner un verre pour la bière Leffe. Xavier Lust, le roi de l’acier plié, est présent avec sa S-Table, son Banc qui s’intègre partout : rue Ravenstein comme dans les salles d’expositions de la Tour japonaise : un « simple » bandeau d’acier. Et la sublime baignoire Ben in Bad, de Bart Lens, qui exige que l’on conçoive sa salle de bain après avoir sélectionné sa baignoire : une sculpture !

La créatrice de bijoux Christa Reniers sort un peu du lot, puisqu’elle est autodidacte et présente ses bagues organiques, si reconnaissables, dans des blocs de résine. Les porcelaines comme trempées dans la couleur bleue (sa marque de fabrique !) de Piet(er) Stockmans… Et bien sûr, Maarten Van Severen, avec sa chaise .03 ou la suspension D2V2, ce designer dont les petits-fils participent à l’expo « Le Labo des héritiers » au Grand-Hornu Images… Et d’autres, le tout présenté de manière ludique et aérée, chaque pièce étant cernée d’un jersey blanc qui lui donne donne l’impression de flotter.

Ne manquons pas la boutique du sous-sol, où on pourra trouver petits objets, tabourets, livres et autres créations dont l’efficacité du design n’efface en rien la poésie.

The Power of Object(s)

Design Bestsellers in Belgium

ING Art Center

6 place Royale

1000 Bruxelles

Jusqu’au 11 janvier 2015

Tous les jours de 10h à 18h, le mercredi jusqu’à 21h

 

www.ing.be/art

(c) Xavier Lust (c) Sylvain Willenz 644323_EN (c) Nathalie Dewez (c) Maarten Van Severen (c) Dirk Wynants (c) Danny Venlet (c) Christa Reniers (c) Bram Bo (c) Bram Bo

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