La Biennale des Antiquaires et de la Haute Joaillerie de Paris est l’un des grands évènements du marché de l’art mondial. Elle est réputée pour l’offre en matière d’art classique français… et de joaillerie. La communication de la Biennale souligne que les participants ne visent que le top. Tout est fait pour créer cette impression. Prenons le décor très sobre et vert, dessiné par Jacques Grange, inspiré par les allées dans le parc du château de Versailles. L’ordre classique règne ainsi. Il règne moins dans l’organisation, le Syndicat National des Antiquaires. Celui-ci a changé de direction à deux mois de l’ouverture de la Biennale – du jamais vu. Il faut constater aussi que le nombre d’exposants a sensiblement chuté. Est-ce bon signe ? L’avenir le dira. Le fait est que la concurrence internationale est de plus en plus vive. Les foires à Maastricht (TEFAF), Londres, Bruxelles, aux Etats-Unis et en Moyen et Extrême-Orient ne chôment pas, sont annuelles et tiennent bien davantage compte de l’art international et contemporain. Le pari top qualité – souvent française, n’est pas gagné d’avance. Les joailliers prennent bien plus de place ici qu’au TEFAF.  Et ils paient plus cher leur stand que les antiquaires – c’est bon pour les comptes du Syndicat. Quant à l’entrée public, vous payez une entrée simple 30 €.  Raisonnable pour ce genre d’événements. Au TEFAF, à Maastricht, vous payez 55 € (et 20 € pour les jeunes) et vous ne vous promenez pas dans un moment historique. BRAFA, à Bruxelles, demande 20 €, très raisonnable. Ces considérations de politique artistique et financière ne doivent pas troubler le grand plaisir de vous promener dans ces belles allées et découvrir une multitude d’œuvres intéressantes. Des antiquités à couper le souffle, chez Phoenix Ancient Art (des rumeurs parlent de 15 millions de vente le premier jour !) à voir : magnifique sculpture de Cybèle/Tyche, en Calcédoine, du Ier siècle ap. J.-C. Une pendule amusante avec une figure japonaise au stand de la maison Steinitz, qui présente dans sa galerie toute proche (77, rue du Faubourg-Saint-Honoré) un choix étonnant de meubles fin XIXe siècle d’Edouard Lièvre. Dont un magnifique miroir fait pour Sarah Bernhardt, orné de sa devise « Quand même ». La peinture ancienne flamande reste très présente à Paris, notamment à la galerie Jonckheere, et chez Florence de Voldère qui présente de rares tableaux du Maître au Perroquet et du peintre qui porte le joli nom Maître du feuillage brodé. Notons dans cette compagnie célèbre la venue d’une nouvelle galerie belge, Boon Gallery (jadis Bruxelles, aujourd’hui Knokke) avec une vue monumentale du palais des Doges à Venise de Jean-Baptiste Van Moer, connu pour ses vues de Venise au Palais Royal, et de vues de la Senne à l’hôtel de ville de Bruxelles. Vous y trouvez aussi une vue avec « Table au Clair de Lune » d’Henri Le Sidaner, qui vécut un an à Bruges autour de 1900. Son œuvre très poétique vient d’être redécouverte à travers quatre expositions dans le Nord-Pas-de-Calais. Côté belge, signalons encore Gisèle Croës (art de la Chine), Didier Claes et Berko, le spécialiste de la peinture anecdotique du XIXe siècle.

Biennale des Antiquaires
Grand Palais
Paris
jusqu’au 21 septembre
www.sna-France.com
www.thalys.com

 

Pendule, galerie Steinitz

Pendule, galerie Steinitz
Maître au Perroquet – Galerie Florence de Voldère
Maître au Perroquet – Galerie Florence de Voldère
Le Sidaner, Boon Gallery
Le Sidaner, Boon Gallery
Statue de Cybèle, Phoenix Ancient Art
Statue de Cybèle, Phoenix Ancient Art
Choix de belles pierres chez Cartier
Choix de belles pierres chez Cartier

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