Isabelle de Borchgrave est une plasticienne et créatrice dont la palette de talents semble infinie. Son médium de prédilection est le papier. Elle dessine des collections de serviettes ou de papiers peints pour des éditeurs américains, elle façonne des costumes inspirés de différentes époques et dont chaque détail est recréé en papier. Elle a quatre collections de costumes en papier : « Papiers à la Mode », « Mariano Fortuny », exposée pour la première fois en 2008 au Palazzo Fortuny à Venise, Italie, « I Medici » qu’on a pu voir en 2010 au Cinquantenaire et « Les Ballets Russes » , dévoilée au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles en 2010. Plusieurs costumes en papier sont exposés de manière permanente dans des musées à travers le monde : au château de Versailles, au Tsarkoïe Selo de Saint-Pétersbourg, au Venaria Reale, à Turin, en Italie, aux Etats-Unis… Ses kaftans et vases ont été montré en Chine en 2007. Lors de l’exposition « La Route bleue » à la Fondation Boghossian en 2013, elle avait installé d’exquis nénuphars bleus flottant sous la verrière la Villa Empain. Elle ouvre régulièrement son sublime atelier bruxellois pour des expositions. C’est peu dire que Isabelle de Borchgrave est créative, protéiforme, internationale, et sacrément bosseuse !

Aujourd’hui, elle expose pour quelques jours à la galerie Berko, à Knokke-Heist. Cette galerie installée à la côte depuis plus de 40 ans a déjà accueilli l’artiste en 2003. Isabelle de Borchgrave y présente un ensemble d’œuvres qui prennent un chemin coloré et réussi vers l’abstraction. On pointe des tableaux dont les couleurs et les formes chantent une musique vive, inspirée des arts populaires. La couleur y est prioritaire. Certains figuratifs, d’autres abstraits, jouant sur l’équilibre entre des losanges, des carrés, tous faisant exploser des bleus, du turquoise, du rouge, du jaune, du vert feuille, de l’or.

Interview:

J’ai reçu à Noël un appel de Monsieur Berko, me disant: si je vide la galerie pour vous en août, vous l’occupez? A ce moment-là, j’étais très malade, j’ai pris ça comme un signe de la vie. Je me suis mise à travailler spécifiquement pour cet espace et en pensant: mois d’août, soleil, maillots de bains…

On vous connaît pour vos robes en papier, ici vous présenter surtout des tableaux, des oeuvres en 2 dimensions.

Oui, je voulais faire quelque chose de nouveau. Mais la surface est quand même tout à fait plissée. Je travaille sur de très longs papiers, qui font plus de 2M de long. Quand j’ai fini de peindre, je les plisse. Il y a donc toute une réflexion pour obtenir, par exemple, un ensemble de losanges, quand le papier est plissé.

Est-ce de nouveau un travail réalisé avec votre équipe?

Non. Mes assistantes sont là pour réaliser des projets de commande, pour lesquels je suis toujours à l’origine de toutes les créations. Ici, il s’agit d’une recherche personnelle.

Quelles sont vos influences?

J’ai une collection de tissus anciens, mais il est vrai que je suis influencée par tout, tout le temps. La vie, les couleurs, un motif sur un tissu, un champ de fleurs, une exposition visitée. J’essaie de traduire un ressenti que j’ai pu éprouver en regardant un paysage, par exemple.

Ici, j’ai travaillé la couleur avec beaucoup de plaisir, je suis définitivement une coloriste. Il y a une joie à associer les teintes. Dans mes tableaux, il y a de temps en temps des motifs qui rappellent les dessins sur les kilims turcs ou d’ailleurs. Il y a un aspect tissé qui est rendu par le plissé du papier. Ca redevient un tissu, ou un tapis. 

Il y a aussi quelques pièces en bronze.

Oui. Vous savez, chez moi tout tourne autour du papier. J’aime ce matériau, qui, quand on est enfant, est le premier jouet. Alors, quand on m’a proposé d’essayer le bronze, j’ai tenté l’aventure parce que j’aime les nouveaux défis. Passer d’une matière fragile et légère comme le papier au bronze qui est lourd et pérenne, c’est quelque chose. J’ai travaillé dans les ateliers d’un bronzier aux Pays-Bas, où on peut mettre la main à la pâte. Il a fallu trouver une solution pour rendre la maquette en papier solide et imperméable au plâtre du moule.

Vos oeuvres prennent un tour un peu plus abstrait.

La grande sculpture en bronze, ronde comme un Pi, au milieu de la galerie, représente le soleil, c’est l’oeuvre centrale de l’exposition. Autour de celle-ci, j’ai peint des maillots de bains, mais aussi des oeuvres plus abstraites, c’est vrai, avec des motifs répétés, des quadrillages, comme on trouve dans l’art populaire.

Isabelle de Borchgrave
A Touch of Spice
Plissés, peintures et sculptures
Galerie Berko
Kustlaan 163
8300 Knokke-Heist
Jusqu’au 19 août
Tous les jours de 10h30 à 13h et de 14h30 à 19h

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