Presque chaque fois du rouge et du bleu. Parfois du jaune vif, parfois du vert émeraude ou du blanc, comme une respiration. Très peu de texture mais des bords imparfaits, qui bavent un peu. Et pourtant ce ne sont que des bandes verticales assemblées en faisceaux vibrants et lumineux qui sont à voir à la Galerie Devillez.

Michel Carrade, né en 1923 à Tarbes, est un peintre français de l’abstraction lyrique. Il appartient au groupe dit de l’École de Paris. Il est élève à Élève à l’école des beaux-arts de Toulouse puis monte à Paris seul et y découvre Cézanne. Il sera professeur dans plusieurs écoles de Paris. Depuis 1991 et sa retraite de l’enseignement, il se consacre uniquement à son œuvre.

C’est à partir de 1969 qu’il “libère sa peinture de tout signe ou élément graphique et met en place une nouvelle structure formelle à partir de vastes plages verticales qui tissent entre elles des passages et des intervalles plus ou moins nets…” Dès lors, il se contentera de l’aplat vertical pour interroger les contrastes, les grésillements et les apparentements se faisant entre les couleurs.

A l’aquarelle, à l’huile, au pastel, Michel Carrade répète sans relâche ces larges bandes de couleurs. Et cela depuis plus de 40 ans. Comment faire pour se renouveler? Qu’est-ce qui occupe le peintre?

“Durant des années je posais des couleurs sur des papiers et des toiles, et peu à peu, je constatais que ces couleurs étaient comme des charges,  que leur juxtaposition provoquaient des chocs, des pulsions, des tensions.« , écrit-il en 1988. « A ces moments-là, se produisait dans l’oeil un vacillement des couleurs, ou bien des appels entre certaines couleurs. Parfois même des effets de combustion jaillissaient comme si les couleurs se volatilisaient pour engendrer quelque chose de plus qu’une addition de couleurs. Ailleurs, il ne se produisait rien, ça ne fonctionnait pas… et les couleurs restaient à leur place, transies, dans un isolement immobile et figé.”

Il est évident que comme les Pointillistes, par exemple, qui décomposaient la couleur en points, Carrade a réfléchi et mis au point une théorie sur la couleur, qui le porte à cette quête sans fin. Dans le même esprit, Georges Meurant, aussi exposé chez Didier Devillez, utilise le carré et le rectangle pour contenir les teintes pures qu’il se plaît à faire cohabiter côte à côte dans des compositions. Il a lui aussi beaucoup écrit et théorisé sur cette pratique.

Voyons aussi chez Michel Carrade, dans ses larges œuvres, un geste enfantin, libéré de toute justification. Ainsi, le peintre, réfugié dans son atelier, loin des bruits du monde, seul devant ses tubes de couleurs et devant sa palette, trouve dans le moment du choix des couleurs, dans le mélange de celles-ci, dans l’application sur le support, une joie pure, précieuse, hors de la raison et des obligations.

Michel Carrade
Galerie Didier Devillez
53 rue Emmanuel Van Driessche
1050 Bruxelles
Jusqu’au 28 juin
Du jeudi au samedi de 14h à 18h30
www.galeriedidierdevillez.be

 

 

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