Les rêveries d’un promeneur solitaire

LDH-WEB
Louis d’Hauterives (Bruxelles, 1965) habite au sud du Maroc, au bord de l’eau. Là, loin des bruits du monde, il peint. Les images qui l’occupent lui viennent de ses promenades sur la plage, sur les routes que rien ne borde avant d’arriver au village, de cette nature aride, de la mer. “Je marche donc j’écris”, dit Paul Auster. Sans doute que pour Louis d’hauterives, la marche invite à la peinture.

Aujourd’hui, à la galerie Zedes, ce sont de somptueux grands formats au pastel que l’artiste offre à notre regard. Intitulée “After Mother”, l’exposition présente des dessins réalisés depuis le décès de la mère de l’artiste. Un pudique questionnement sur le deuil, la mort, la solitude transpire de chacune de ses oeuvres.

Louis d’Hauterives représente une nature familière, presque naïve, d’une simplicité formelle pleine de sérénité. De ces aplats moelleux, voluptueux, de ces couleurs puissantes et douces, du velouté mat du pastel se dégage une atmosphère mystérieuse, comme la réminiscence d’un rêve doux ou le souvenir d’images apercues en voyage, non photographiées et pourtant gravées dans la mémoire. C’est l’ici et maintenant chargé de mille images du passé que d’Hauterives exprime, hors des modes et sans complexe, tout occupé qu’il est à traduire la beauté du monde.

Sur 4M de long, “Faunemen” étire quelques montages recouvertes d’un patchwork de champs colorés: ici, un champ orange, là, un mauve passé, plus loin, un rouge sombre, plusieurs verts. Le ciel d’un bleu profond, mat, intense, théatralise ce paysage onirique. Un immense nuage gris perle – ou bien est-ce une montagne glacée -, occupe tout l’arrière-fond à gauche du tableau.

“La transmauritanienne” est une route qui file tout droit entre les dunes de sable jaune. L’artiste y joue du contraste des formes: cet aplat gris du macadam qui va vers l’horizon, le point de fuite et les courbes sensuelles des dunes de sable. Il y fait se promener un chien noir, sorti de nulle part.

“Halloween”, toujours au pastel, est une composition plus abstraite, qui mêle l’ombre de quelques plantations avec un émouvant crâne de dauphin sur un fond bleu nuit intense. L’aplat orange, vif, lumineux, presque sanguin, vient réveiller l’ensemble.

 

Quatre formats carrés, “Biotope 1, 2, 3 et 4”, composent en un cadrage très orientaliste les vues d’un bassin d’eau où nagent des poissons d’un bel orange vif et où flotte une figurine en bois. Quelques couleurs ont suffi à créer ces dessins: deux bleus, un vert vif, un bel orange. S’y dit une poésie tranquille, une douceur, une intériorité, un regard qui s’est arrêté de longs instants, admirant sans discontinuer les mouvements de l’eau, le reflet des joncs et de la couleur du ciel à la surface. Au spectacle de ses dessins, nous ressortons nourris de la douceur d’une rêverie, comme l’a sans doute été l’artiste, se levant du bord du bassin pour aller vers son atelier poser sur le papier ce que sa rétine a imprimé.

Louis d’Hauterives
Zedes Art Gallery
36 rue Paul Lauters
1050 Bruxelles
Du mercredi au vendredi de 12h à 18h, samedi de 14h à 18h
Jusqu’au 28 juin

www.zedes-art-gallery.be

www.dhauterives.com

unnamed-1

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.