La tête de l’emploi

Géricault-Cleptomane

Théodore Géricault est un peintre français du 18ème s. Passionné par l’anatomie humaine et animale, il dessine et peint des visages, des corps, des chevaux. C’est un dessinateur compulsif, qui n’hésite pas à aller chercher à la morgue des morceaux de corps qu’il entasse en d’étranges et macabres natures mortes, pour en étudier les muscles, les tendons, la chair.

Il est l’auteur du fameux “Radeau de la méduse”, cette toile immense qu’il réalise en 1812. Elle relate un fait divers sinistre, celui des rescapés du naufrage d’une frégate, la Méduse, le 2 juillet 1816, au large des côtes du Sénégal. Pour survivre sur leur radeau durant une dérive de 13 jours, les survivants mangèrent les cadavres de leur camarades. Une bien belle époque.

D’un tempérament romantique propre à son époque, Géricault, qui mourra à 32 ans de maladie, se passionne pour l’âme humaine et ses noirceurs. Il se met à croquer les malades dans les hôpitaux. Leur visage grimaçant et leur corps tordu. C’est une époque où l’on tente de cataloguer les dérives mentales par la forme des visages, les expressions, l’éclat du regard, la crispation d’une mâchoire…. Ainsi, le « Monomane de l’envie » a les yeux très rapprochés, la « Monomane du jeu », l’air hagard et la bouche béante. Le « Kidnappeur d’enfants » n’a pas une tête très différente des autres, à nos yeux, il semble plutôt paumé, comme le reste de la bande. On trouve encore le « Monomane du commandement militaire », dont seuls les habits nous permettent aujourd’hui de le différencier.

Voici « Le Cleptomane », regard vitreux, moue boudeuse, cheveux hirsutes, les sourcils arqués, les yeux enfoncés dans leurs orbites… pris sur le vif par Géricault. Ses habits sont chiffonnés, sa barbe pas très soignée. Il dégage un sentiment de profonde désespérance et une étrange douceur. Aujourd’hui, ce que Géricault donne à voir, c’est la grande tendresse avec laquelle il peint ses personnages, l’humanité qu’il tente de faire transparaître. Une fraternité qui nous touche.

Géricault
Musée des Beaux-Arts
Fernand Scribedreef
Citadelpark
9000 Gand
Jusqu’au 25 mai

 

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