Le directeur faisant fonction du Cinquantenaire, Michel Draguet, a fait, à la fin du mois de février, le bilan de ses  trois ans et demi de travail. Un exercice qu’il pratiqua à 9h du matin devant les employés de l’institution et qu’il répéta pour la presse deux plus tard.

En ayant demandé aux employés de ne pas venir à la deuxième version de la séance. Quelques conservateurs audacieux n’ont pas obéi. Ils ont donc pu nous expliquer comment Draguet a mis la première fois l’accent sur certaines choses et sur d’autres éléments devant la presse, ne craignant plus d’être contredit. Ne nions pas que le musée du Cinquantenaire est une bombe à retardement depuis très longtemps et bien avant son arrivée. Le job accepté par Draguet sans rémunération supplémentaire n’était pas simple. «C’est parce que je crois aux vertus de l’idéalisme que je me suis engagé dans ce projet qui à terme devait conduire à la remise en jeu du mandat que j’avais au MRBA. Cet idéalisme n’est toutefois pas désincarné mais se fonde sur l’expérience acquise (…) sur la modélisation de l’action muséale développée à partir du musée Magritte et du Musée Fin-de-Siècle.» Ne rions pas.

Et, bien évidemment les mots magiques « fusion » et « redéploiement »reviennent comme un mantra durant la présentation. La fusion ferait faire des économies extraordinaires aux deux institutions. Tableau à l’appui, voilà 329.546 € économisés sur un budget annuel de 11.188.382 €, soit 3 %. Tout ça pour ça.

Le programme “BeOne”, étape transitoire vers le rassemblement des musées des Beaux-Arts et ceux d’Arts et d’Histoire sous le pôle Art est une « dynamique (qui) ne peut être interrompue sous peine de renvoyer en arrière les services centraux de nos établissements. Renoncer à BeOne serait condamner les grands musées fédéraux à l’archaïsme », poursuit Draguet, ajoutant « Une culture d’entreprise a vu le jour. » Ce dernier élément étant vivement contredit par l’ensemble de nos contacts au musée.

Les procédures d’inventaire et de digitalisation présentées comme un succès personnel sont en fait des procédures démarrées avant l’arrivée du directeur f.f. et qui simplement ont suivi leur cours. Tant mieux. Pas un mot sur l’exposition des estampes japonaises annulée au dernier moment. Rien de bien clair quant au concours Inbev gagné en 2008 (avec un financement de 1,5 million d’euros à la clé) pour créer des salles Art Nouveau et Art Déco belges… Projet financé et jamais abouti. Et, plus surprenant encore, sachant que dans les musées de cette taille, les expositions se préparent 18 mois à deux ans à l’avance, pas un mot sur la programmation des prochains mois. A croire qu’elle n’existe pas. Le ministre Courard était présent.

Eric Gubel, chef du département Antiquité est nommé directeur f.f. Le malheureux n’a même pas été appelé au micro pour se présenter. Une nomination en interne en attendant que le prochain gouvernement prenne la mesure de l’urgence de sauver le Cinquantenaire et les musées attenants comme la Tour japonaise ou le Pavillon chinois. Une vraie farce. Relayée mot pour mot par plusieurs « journalistes ».

A lire par ailleurs:

http://gerarddewallens.blogspot.fr/2014/03/musees-royaux-bruxellois-la-gestion-des.html

 

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