Argenteuil vient d’être restauré, ainsi que son cadre à la feuille d’or. Il a retrouvé toute la fraîcheur de ses couleurs d’origine : le bleu indigo du fleuve, le contraste entre le blanc et les rayures colorées des vêtements, le rose des visages… redonnant une luminosité estivale à l’ensemble de la scène. Pour peu, on entendrait le vent siffler dans les filins.

Argenteuil a été réalisé en 1874 par le peintre français Édouard Manet (1832-1883). Cette huile sur toile (149 × 115 cm) est d’abord présentée au Salon de Paris de 1875. La toile représente un canotier en compagnie d’une jeune femme au bord de la Seine, à Argenteuil (actuellement dans le Val-d’Oise). Le village d’Argenteuil est visible en arrière-plan. Manet demande à Claude Monet et son épouse Camille de poser pour le tableau, mais ils ne peuvent garder la pose suffisamment longtemps. Rudolf Leenhoff, beau-frère de Manet, sert alors probablement de modèle pour le canotier, à moins qu’il ne s’agisse du baron Barbier, un ami de Guy de Maupassant. L’identité de la femme est inconnue.

Le Fonds Claire et Michel Lemay

Quelque temps avant son décès en février 2012, Michel Lemay, industriel carrier du Tournaisis, avait décidé de créer, au sein de la Fondation Roi Baudouin, le Fonds Claire et Michel Lemay destiné à contribuer au développement de la Wallonie picarde dans les domaines économique, social, patrimonial, culturel et/ou artistique.

La première action de ce fonds, la restauration du tableau Argenteuil, a été menée à bien en 7 mois en collaboration avec l’Institut royal du Patrimoine artistique. Cette peinture classée patrimoine exceptionnel par la Fédération Wallonie-Bruxelles est une des pièces majeures du legs Van Cutsem au Musée des Beaux-Arts de Tournai.

Une étude approfondie de l’œuvre a accompagné les 7 mois de traitement. Il s’est avéré qu’il s’agit d’une des rares toiles pouvant témoigner de la technique originale de Manet. Il est également apparu que Manet lui-même a agrandi l’œuvre de deux bons centimètres au moment de la finition. Perfectionniste, l’artiste souhaitait marquer sa verticalité. La restauration, qui s’est achevée début 2014, a permis de conserver tous les témoignages originaux de l’agrandissement et de stabiliser les dommages à l’œuvre, qui reste fragile.

Musée des Beaux-Arts
Enclos Saint-Martin
7500 Tournai
http://www.tournai.be/fr/officiel/index.php?page=42

manet-tournai

Vue de l’accrochage, musée des Beaux-Arts de Tournai

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