C’est sur le thème du tricot que la créatrice Isabelle Baines a invité 28 artistes plasticiens à disserter à partir du Valentin, un modèle bleu marine de sa collection de pulls. Juste, précis, sans finitions inutiles ni ajouts superflus il a été comme une toile blanche pour l’inspiration des artistes.

Isabelle Baines est diplômée de l’Académie Royale des Beaux-Arts d’Anvers, section costumes de théâtre. Bruxelloise, elle a travaillé comme costumière à Bruxelles, Paris et Genève. Après quelques 8 années comme costumière, elle veut changer de métier. Tricoteuse depuis l’âge de 7 ans, elle s’achète une machine à tricoter… et se met à créer des pulls sur mesure. Elle ouvre sa première boutique en 1986 et quelque temps plus tard son propre atelier. Ses  pulls sont entièrement pensés, conçus, confectionnés et assemblés en atelier. Ce lieu est un véritable laboratoire de recherche dans lequel le travail de la maille s’apparente, précis et exigeant, à celui de la calligraphie.

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Courez voir cette exposition qui ne dure que 2 semaines, dans une ancienne quincaillerie d’Ixelles, espace brut, habité de fantômes. S’y donnent à voir les variations pleines de poésie, d’à propos, de références, d’humour des amis artistes qui font partie de la galaxie d’Isabelle Baines. C’est Bruxelles comme on l’aime, avec ses lieux insolites et ses artistes pluridisciplinaires. La scénographie, parfaite,  est réalisée par Bob Verhelst, scénographe pour des musées tels que le MoMu et le Musée des Beaux-Arts d’Anvers, le Musée des Arts Décoratifs et le Musée Galliéra à Paris, le Musée de la Mode à Marseilles, le Musée national de Zurich et le Musée historique allemand à Berlin. Une pointure.

Ainsi, le graveur Roby Comblain a posé un rectangle tricoté sur une plaque, a enduit les mailles d’encre bleue et a passé le tout dans sa presse de graveur. Diane Didier qu’on avait pu voir à la Villa Empain et au Musée du costume et de la dentelle recouvre un pull oublié de multiples papillons et insectes faits de tissu et ruban. Juan d’Outrelmont transforme son Valentin en maillot de foot, Elisabeth Horth brode la maille bleue au fil blanc.

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Arpaïs Du Bois trace en fils de laine couleur flamme des sortes de blessures sur le tricot, transformant celui-ci en peau. Arlette Vermeiren mêle ses trames de papiers noués à une robe pull, transformant celle-ci en robe de conte. Le créateur de bijoux Daniel Von Weinberger pose sur son pull un cœur rouge sang entouré d’étincelles de verre. Puis, il étire son Valentin, le transformant en objet presque volant. François De Coninck fait du pull bleu une marinière comme celle qu’il porte souvent et l’associe à une photo de Rimbaud retouchée par Alain Rivière….

 

On retrouve avec délectation les masques de Stephan Goldrajch qui a faire bouillir 4 Valentin avant de les ouvrir aux ciseaux pour former trous pour les yeux, la bouche. L’expo c’est ouverte le 14 février! C’est beau, poétique, précis, narratif, sur mesure, tricoté-main tout comme on aime.

A ne pas manquer !

Valentin
La Quincaillerie
66, rue du viaduc
1050 Bruxelles
Du mardi au dimanche de 12h à 18h
Jusqu’au 2 mars

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