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A Anvers, dans le quartier des antiquaires, s’est ouvert le 11 septembre un nouveau lieu d’exposition pour l’art contemporain. Initié par François de Coninck, créateur des éditions de cartes postales d’art Klet & Ko, cette galerie qui n’en est pas une prend la forme d’un cabinet de curiosités. Anversville – Contemporary Antiquary présentera des solos shows mais aussi des expositions thématiques qui mélangeront les genres : photos, peintures, installations, objets…

imgres-2 « J’aimerais vraiment essayer de renouveler l’idée de lieu d’exposition. », explique François de Coninck. « C’est un projet singulier et audacieux pour l’éditeur francophone et indépendant que je suis d’ouvrir un lieu d’exposition à Anvers, lieu où seront surtout exposés des artistes de « mon écurie » : des artistes francophones de Belgique et des artistes français, à l’exception de quelques personnalités notoires du monde de l’art (Jan Vercruysse, Jan Fabre, Koen Theys, Dorothee Golz, Johan Van Geluwe, etc.). Comme pour l’édition de cartes postales, j’assume l’éclectisme de mes choix. Anversville, c’est un lieu de curiosité à propos de l’art contemporain. Et je garderai toujours le sens de la subversion, l’ironie et l’humour qui prévaut chez Klet & Ko.). »

 

Déployé en deux grandes pièces en enfilade, l’espace permet de présenter deux expositions différentes qui font écho l’une à l’autre. Pour l’ouverture du 11 septembre, ce sont les clichés de Patrick Marchal, photographe belge, qui sont mis à l’honneur, sous le titre « Mine Eleven ».

Le 11 septembre 2001, Patrick Marchal se trouve à New York. En dernière minute, il décide de ne pas faire la visite rituelle qu’il effectue à chacune de ses venues, sur une tombe d’ancêtres irlandais située dans un petit cimetière à deux pas du World Trade Center. Quand les tours jumelles sont touchées et s’écroulent, New York est en pagaille… Patrick Marchal choisit de se réfugier dans le Musée d’Histoire Naturelle qu’il connaît bien. Il y photographie les dioramas présentant des animaux empaillés mis en scène au milieu de touffes d’herbe devant de magnifiques trompe-l’œil. Le voilà hors d’atteinte, loin du drame, en train de photographier des animaux en voie de disparition, dans une bulle hors du temps, au milieu d’un monde lui aussi en voie de disparition.

Tout cela – cet instant d’éternité, l’absurdité du monde, une muséographie désuète, le temps figé – est à voir dans ses merveilleuses photos qu’on regarde à deux fois avant de comprendre qu’il s’agit d’une mise en scène. Un gorille se frappe virilement le torse de ses poings fermés, au milieu d’une savane artificielle, encadrée de lianes, dans une débauche de gris…

L’autre exposition, « Comme des bêtes », présente 11 artistes qui traitent de l’animalité dans son versant le plus étrange et le plus fantasque. On pointe le remarquable travail d’Erika Harrsch, née au Mexico City, qui a vécu et travaillé au Mexique, à New York, en Italie et en Allemagne. Ses photos de papillons sont étranges… En s’y penchant, on découvre que le corps de chacun des papillons a été remplacé par un sexe de femme. S’y mêle l’animal, l’humain, la sexualité, le corps rêvé.

« Mine Evelen » et « Comme des bêtes »
Anversville
Contemporary Antiquary
Anvers
www.anversville.be

Paru en 2011 dans L’Echo

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