Une star au BAM!


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C’est dans un musée dont toutes les données techniques (accès des visteurs, conservation des oeuvres, surveillance…) ont été améliorées que démarre aujourd’hui une grande et belle exposition Andy Warhol. Nicolas Martin, le bourgmestre faisant fonction de Mons ne s’en cache pas, l’artiste a été choisi parce qu’il intéressera toutes sortes de publics. Une exposition “tête d’affiche”, mais bien menée, pour drainer les visiteurs vers Mons.

Sur deux étages, voici près de 120 oeuvres: peintures, sérigraphies, dessins, photos qui déploient l’univers de Warhol. C’est Gianni Mercurio, commissaire italien indépendant, qui a monté l’exposition. Il fut responsable de celle sur Keith Haring il y a quelques années dans ce même musée. Bien construit, l’accrochage permet de découvrir quelques oeuvres phares de Warhol, comme les sérigraphies de portraits de stars, dont un belge, le peintre Paul Delvaux. La grille de lecture de Mercurio, sensée expliciter la religiosité et le sens du sacré de Warhol, est un peu tirée par les cheveux. Il se base pour cela sur une phrase dite par le critique d’art John Richardson aux funérailles de l’artiste en 1987. Il est évident que Andy Warhol était hanté par la mort, et que son oeuvre est loin de décliner seulement l’iconographie vide de sens du monde marchand. Ce qui est plus passionnant, quand on voit ou revoit ses oeuvres marquantes et intégrées dans notre iconothèque inconsciente collective, c’est que Warhol, avec Lichtenstein, a inventé une toute nouvelle manière de créer et de traiter les images, via les affiches, les packagings… Cette manière, brutale, qui voulait signer la mort de la Gestual painting à cette époque aux Etats-Unis, a inspiré et défini la grande majorité des artistes qui suivront.  Cette explosion graphique et visuelle est passionnante à revoir.

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On pointe les auto-portraits grimé en femme, réalisés avec le photographe Christopher Makos; les “Mères à l’enfant”: d’une illustration de Vierge à l’enfant (image de commande faite avant 1950, quand Warhol était encore illustrateur commercial), à un dessin au trait à partir d’une photo d’une amie allaitant son bébé; une belle sérigraphie de la ré-interprétation de “La dernière Cène” de De Vinci, tableau qui inspira Warhol à la fin de sa vie. Ainsi que des photos, quelques films, et dans une salle à part, une réédition d’une installation réalisée en 1966 à la galerie Castelli, avec de grands ballons gonflabes argentés qui se meuvent dans l’espace. On pointe aussi les sérigraphies d’animaux sauvages, plus illustratives que puissantes: éléphant, girafe, et même un panda, qui a dû faire sourire Elio, voire l’inspirer!

Andy Warhol
Life, death and beauty
BAM
Mons

Paru en octobre 2013 dans L’Echo

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