Un fameux coup de crayon

unnamedDeux silhouettes suggérées en quelques traits de fusain sur du papier blanc. C’est gracieux, délicat, sensuel. Se joignant aux lignes précises, d’autres traces au fusain ont été estompées au doigt, créant des aplats grisés qui donnent volume et relief. Un fameux coup de crayon (de fusain, ici), un tracé maîtrisé et lâché, qui au-delà de la représentation réaliste, cherche quelque chose. Peut-être à dire l’âme du modèle. Ou la beauté du corps féminin. Le fusain marque le papier et définit une image toute en émotion. Ce n’est ni de l’ordre de la pensée, ni de l’ordre de la volonté de bien faire. C’est un artiste qui se dit.

Eugène Leroy (1910-200) est un peintre français qui a utilisé la peinture à l’huile pour enfouir les secrets qu’il connaissait. Ainsi ses autoportraits peints, les paysages, les corps qu’il tente de représenter sont cachés sous des couches épaisses et successives de peinture qu’il ajoute sans discontinuer sur la toile, en une pâte épaisse. Cette pratique classique (Il traverse son époque sans s’intéresser à l’avant-garde) est intéressante à observer, et plus particulièrement ses dessins au fusain.  Le dessin est toujours d’une manière ou d’une autre un croquis préparatoire pour une peinture, mais ne doit pas être réduit à cela. L’outil du crayon ou du fusain est simple et direct. Le lien est proche et intense entre le geste de la main, la pensée créative de l’artiste et le papier. Cette simplicité fascine. Tant ici que dans les dessins De Vinci ou Rubens ; on y observe le noyau dur de la création d’une image. Leroy trace ici deux silhouettes de femmes. On les devine au travers de leurs courbes, des traits qui tracent les seins, le pubis et une chevelure lâchée. L’image mentale commune d’une jeune femme s’y dit, ainsi que l’image précise de celle qui habite la bibliothèque iconographique de l’artiste.

Eugène Leroy

Galerie Obadia

8 rue Charles Decoster

B – 1050 Bruxelles 

Jusqu’au 8 mars

 

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