Un été chatoyant!

Après la joyeuse exposition sur Jules Chéret, l’affichiste français, poursuivant leur expédition-découverte de la Belle Epoque, le musée d’Ixelles présente cet été une exposition intitulée Chat Noir, qui nous plonge dans l’univers du cabaret Montmartois. Documents, archives, extraits sonores, toiles ou somptueuses affiches nous plongent dans ce lieu mythique d’avant 1900.

Le cabaret du Chat Noir fut fondé en 1881 par Rodolphe Salis en collaboration avec le poète Emile Goudeau. Il devint rapidement le centre d’activité artistique et littéraire d’avant-garde de Paris.  Il fut le premier d’une série de cabarets artistiques qui animèrent la ville-lumière à la fin du 19ème. Il laisse un héritage appelé “l’esprit de Montmarte” qui continue d’inspirer les artistes. C’est avec plaisir qu’on retrouve quelques belles affiches  de Chéret. Toulouse-Lautrec est lui aussi mis à l’honneur, avec de spectaculaires lithographies-affiches qui font partie de notre iconographie collective.  On pense à la silhouette de trois-quart dos de l’écrivain et chansonnier Artistide Bruant. On pense à cette dame en chapeau noir et cheveux orange qui admire un spectacle, sur l’affiche Le divan japonais. Et bien sûr à la goulue en plein french cancan pour une affiche du Moulin Rouge.

A l’étage, on trouve de nombreux dessins de Bonnard, que ne désavouerait pas Spencer Hays, le collectionneur américain. Catalogues, programmes, menus et revues illustrées complètent le propos, ainsi que d’intéressantes silhouettes en zinc découpé – dont la simplicité possède une étrange modernité, qui servaient à jouer un théatre d’ombres.

Accompagnés d’un fond musical d’époque, on découvre aussi deux chats japonisants de Théophile-Alexandre Steinlen, des toiles symbolistes dont une aquarelle délicate d’Elisabeth Somel et d’autres trésors. Clairement ils n’avaient pas l’air de s’ennuyer, au Chat Noir!

Une peintre belgeimage-actu-mig-quinetMig Quinet (1906-2001) est une artiste belge qui a participé en tant que membre fondateur au mouvement de la Jeune Peinture Belge dans les années 40 et qui a expérimenté l’abstraction lyrique durant les sixties. C’est surtout cette dernière période qui est à découvrir dans la salle consacrée durant les trois mois d’été à son travail. La couleur, vibrante, joue le rôle principal chez cette artiste. Appliquée en tons francs, elle déploie un rythme musical. Pour Mig Quinet il s’agit de dégager la forme de toute structure pour la laisser flotter à la surface de l’image. C’est un plaisir de découvrir tant de liberté tout au long d’une vie de presque un siècle.

Chat Noir
Art et plaisirs de la Belle Epoque
Et
Mig Quinet
Musée d’Ixelles
Bruxelles

Paru en juin 2013 dans L’Echo

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