Comme des enfants qui n’auraient pas grandi, ou comme des doux rêveurs, les artistes naïfs sont nombreux à créer dans la solitude de leur home ou en académie, en un style autodidacte qui mêle naïveté, fraîcheur et absence totale de prétention. On peut les admirer au Musée d’Art Naïf de Schaerbeek, mais aussi, durant quelques jours à la Biennale d’art Naïf, organisée par le musée, dans deux salles de la Maison communale d’Evere. C’est la quatrième édition de cette biennale et les participants viennent du monde entier.

Paysages issus de l’imaginaire folklorique, vision poétique d’un monde où les maisons sont plates, adossées à des champs représentés comme des morceaux d’étoffes colorées, fleurs toutes ouvertes, chats, poissons à roulettes peuplent les toiles de ses artistes qui font couler de leurs pinceaux leur représentation résolument douce et optimiste d’un monde idéal et symboliste. Ne les animent qu’un besoin de s’exprimer, de dire une douceur, de jouer avec les couleurs, de manier les pinceaux. Car mettre en couleurs quelques images juste rêvées apportent le plaisir délicat et intime du « faire » de l’artisan. Les céramistes et sculpteurs jouent aussi avec l’iconographie populaire, les elfes, les personnages issus de contes de fées, et l’envie de malaxer la terre, de lui faire prendre forme. Ne gâchons pas les plaisirs simples.

L’Art naïf étant un mouvement non académique qui regroupe autant de démarches éminemment personnelles qu’il n’y a d’artistes, ce n’est pas une école de peinture aux définitions strictes. Ni manifeste, ni théorie, juste quelques caractéristiques dans la facture des œuvres, comme le non-respect par ignorance ou par choix des règles de perspectives linéaires, chromatiques et d’effacement prônées dès la Renaissance. Il s’agit donc bien des membres d’une famille, celle du Douanier Rousseau ou de Séraphine de Senlis, qui se réunissent à Evere pour nous offrir des petits coins de paradis. Quelques 300 œuvres de plus de 50 artistes sont à découvrir.

Biennale d’Art naïf
Maison communale d’Evere
Evere

Paru en septembre 2013 dans L’Echo

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