Quelques jours avec Permeke

prev_pfile180419_activity12489La rétrospective Permeke à Bozar ferme ses portes le 20 janvier. Une occasion de voir plus de 130 tableaux, dessins et sculptures du peintre expressionniste flamand. Au travers d’une scénographie extrêmement statique et classique, due au commissaire de l’exposition et conservateur de Mu.ZEE à Ostende, Willy Van den Bussche, on a pu découvrir de manière un peu ennuyeuse l’œuvre de Permeke. Quel dommage que cet accrochage vieillot n’ait présenté aucune mise en perspective historique, sociologique, ou simplement intime au travers de moments de la vie de l’artiste.

Les enfants ont eu plus de chance, puisque le caddie « Parcours découverte » permet aux écoles primaires en priorité, à des groupes d’enfants et aux familles de faire une visite accompagnée, explicitée et créative. Le caddie est une petite armoire sur roulettes pleine de tiroirs qui contiennent du matériel créatif : carnet, pastels fusains, mais aussi des albums photos pour expliquer la vie de Permeke, ainsi qu’un tiroir servant de cabinet de curiosités : coquillages, sable, etc… sont à toucher et sentir. Durant le parcours, les enfants regardent les œuvres, puis s’en inspirent pour faire une petite création. La conception de l’animation est faite en équipe par Bozar, avec les guides pour enfants, qui sont historiens de l’art, plasticiens ou pédagogues…  65 écoles ont participé à ce parcours durant l’exposition Permeke.

Comme pour chaque grande exposition à Bozar, une date est consacrée au Family Day. Durant une journée entière, les enfants accompagnés de leur famille ont pu participer entre autres à un atelier sur le mouvement avec une chorégraphe et danseuse, qui les a invité à bouger en s’inspirant des toiles de l’artiste.

org_12489_img1-1Au travers de son attrait pour la vie des simples travailleurs, Permeke met en image ce qui est profondément humain. Son style très reconnaissable, ses marines, ses champs, ses personnages déploient  une puissance sourde, dans une palette typique de tons de terre. On pointe de merveilleuses silhouettes de pêcheurs et des nus féminins au fusain, croquées d’un trait affirmé sur d’immenses papiers. Permeke se passionne pour les figures de pêcheurs, de paysans, qu’il représente avec force et tendresse. De ces figures, il extrait l’essence, les donnant à voir de manière archétypale. Chacune de ces silhouettes semblant à chaque fois à l’étroit sur son support. On pointe aussi les toiles représentant des scènes de repas : table, chaises, bols fumants ; et les grandes sculptures de bronze, élancées, aux mains larges, aux visages comme des masques primitifs. L’objectif de 80.000 entrées – comme l’a fait l’exposition de Luc Tuymans, pour cette rétrospective d’un artiste belge est presque réalisé, avec 60.000 entrées fin décembre.

Constant Permeke
Palais des Beaux-Arts
Bruxelles

Paru en janvier 2013 dans L’Echo

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