Plante carnivore – Convaincant

aurylie_william_levaux_62x37cm_screenFormée à l’académie des Beaux-Arts de Liège, Aurélie William Levaux dessine comme elle respire. Illustratrice et artiste, née en 1981, publiée notamment à la 5ème Couche, elle expose aujourd’hui ses dessins à l’encre et brodé fil chez Pierre Hallet. Attention, explosion d’émotions et forêt touffue comme dans les contes pour enfants qui font peur. Sur papier ou sur tissu, les sujets abordé par Aurélie William Levaux sont sans tabous. On y voit des fleurs turgescentes comme des sexes dressés, qui masquent le visage d’une jeune femme, on y voit une femme sereine entourée de nuages dentés, on y lit des morceaux de phrases brodés ou peints, on y découvre une iconographie religieuse détournée, des Vierge Marie, des fauves féroces, des plantes luxuriantes. On sent la patte de l’illustratrice et dessinatrice de BD qu’elle est, son sens de la narration. Les images qu’elle produit ont un lyrisme et une violence à rapprocher des oeuvres de Frida Kahlo. Oui. Parce qu’ici agit sans frein un monde de fantasmes, d’imaginaire, d’intimité. Un mélange explosif de douceur parfois amère et de dureté ironique, une boue tiède, un jaillissement. Voilà une jeune artiste qu’il faut absolument découvrir.

Une envie pénétrante
Aurélie William Levaux
Galerie Pierre Hallet
Bruxelles

images12Pour son exposition à la galerie Xavier Hufkens, Michel François a choisi comme point de départ une série de photos prises dans les sous-sols du Palais de Justice de Bruxelles. La sont entreposées, identifiées, libellées un très grand nombre de pièces à conviction, allant de la hache au balai en passant par d’autres objets prosaïques qui prennent de l’intérêt quand on sait à quelles histoires jugées ou à juger ils ont pris part. Ainsi, l’artiste explore t il la notion de cause à effet, ou plutôt, la notion d’imbrication d’un objet réel, banal dans une structure narrative, dans un morceau d’histoire, un événement qui se déroule. Toutes ces « Pièces à conviction », comme il les nomme, racontent aussi, par leur rassemblement en un ensemble, une deuxième histoire, celle d’un artiste qui s’empare des choses, les photographies, les emballe, les scotche, les découpe, les chiffonne. Michel François, né en 1956, vit et travaille à Bruxelles. On se souvient de l’exposition de photos sous forme de posters géants à emporter au MAC’s. A la manière d’un promeneur, Michel François s’accapare la réalité qui l’entoure, l’alchimise et la recrache en des interprétations qui ajoute de la poésie et du sens au monde. A l’étage, deux très belles « Instant Gratifications », des sculptures murales en bronze : comme des dentelles de métal précieux, leur structure étonnante résulte du choc thermique provoqué par la confrontation du bronze liquide coulé sur un sol de sable froid. Ainsi, musardant dans une fonderie, il détourne une technique séculaire pour créer de nouvelles formes.

images13On pointe, à l’entrée de la galerie, les 4000 cacahuètes de bronze, toutes différentes, réalisées en Afrique, selon la technique de la cire perdue. Arrivée à Bruxelles dans un simple sac de toile pour le charbon, leur pérégrination et leur genèse est en soit tout un poème.

Pièces à conviction
Michel François
Galerie Xavier Hufkens
Bruxelles

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