Oh!

C’est un alphabet virtuel que Pierre Marie Lejeune trace en métal, lumière et miroir. Né en 1954, ce scuplteur français vit et travaille en Normandie. Il a résidé à la Villa Medicis en 1983 et a travaillé comme assistant de Niki de Saint-Phalle pour son jardin des Tarots.  Il exerce aux confins de la sculpture et de l’art décoratif, puisque comme Diego Giacometti, frère d’Albert, il touche à la décoration, ou plutôt à l’occupation de l’espace avec des sculptures lampes à poser, des appliques.

Partant de recherche graphique qu’il fait à l’encre de Chine sur papier, traçant sans discontinuer des pictogrammes: cercles, traits, doubles traits, il synthétise ensuite ses “lettres” de prédilection en volume. A découvrir aujourd’hui à la galerie Valerie Bach, les grands formats dont il est friand et qui vivront leur belle vie immobile de sculpture à l’extérieur: une fontaine reprenant un cercle  dont le segment manquant est complèté par le jet d’eau qui trace un trait précis dans l’air.

Voici un large cercle de métal et d’acier, dont les bords sont rehaussés de miroirs dont s’échappe par le centre un flot de lumière.  Plus loin, un facétieux trait de lumière (acier et miroir), se courbe presque par inadvertence pour passer au dessus d’un tronc d’arbre qui lui aurait barré la route.

C’est le patient travail sur  l’acier, découpé et soudé par le feu, puis garni du froid et inerte miroir, qui est la clé de compréhension de l’oeuvre de Pierre Marie Lejeune. C’est comme si il cherchait par ce processus à tracer dans l’universel son alphabet imaginaire, dans un geste primitif d’interrogation de ce qu’est l’éternité, son vocabulaire, et le temps qui passe sur ce concept d’éternité, malgré tout.

Pierre Marie Lejeune
Galerie Valerie Bach
Bruxelles

MP3

Disons qu’on aurait donné à Pieter Schoolwerth un épais livre d’images sur l’histoire de l’art. Disons qu’il aurait découpé, comme un enfant, les parties de tableuax qu’il lui plaise. Ensuite, il aurait procédé à un large collage qui téléscoperait sans complexse les styles et les époques. Derrière ce processus joyeux et léger dont résulte les larges toiles rehaussées de couleurs vives à voir aujourd’hui à la galerie Nathalie Obadia, se cache un long processus technique passant par la pixellisation d’images jusqu’au rehaut en couche épaisse à l’acrylique. On peut d’ailleurs découvrir les études préparatoires que l’artiste fait sur des papiers calques superposés.

A force de recouvrements et de déformations, on a l’impression d’être devant décor de théatre constitué de multiples couches. S’y pressent le 16ème sicèle, le cubisme de Picasso, les aplats des abstraits, le morcellement de Bacon en une proposition pensée et joyeuse. Plus qu’une morne synthèse, il s’agit ici d’une promenade ludique du  à travers l’histoire de l’art.

Parallèlement à sa peinture, Pieter Schoolwerth dirige la maison de disque indépendante Wierd Records et organise down town New York, des soirées hebdomadaires où se pressent musiciens et DJ internationaux. L’artiste explique q’uil établit un lien entre la peinture telle qu’il la pratique et la musique actuelle faite de “compressions”. Sur ses toiles, se sont les coups de pinceaux qui maintiennent ensemble le téléscopage et le rassemblement des époques, comme un fichier MP3 contient et transmet le son et l’image à la fois.

Pieter Schoolwerth
Galerie Nathalie Obadia
Bruxelles

Paru en avril 2013 dans L’Echo 

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