Œuvres sur papier

330px-michaelwoolworthinkImprimeur et éditeur, Michael Woolworth, américain d’origine, s’installe à Paris en 1979 où il établit son atelier en 1985. Spécialisé dans les techniques de lithographie sur pierre, avec impression sur presses manuelles, il utilise également une production de bois gravés, monotypes, lino-gravures, eaux-fortes et multiples.

Disposant de presses manuelles anciennes, l’atelier s’associe à des artistes tels que  Marc Desgrandchamps, Jim Dine, Barthélémy Toguo… et les invitent à une collaboration étroite via l’outil technique mis à disposition. L’objectif de l’atelier étant d’imprimer, d’éditer et de diffuser des reproductions « à l’ancienne » en toutes petites séries, en moyenne 20 exemplaires, au maximum 50 exemplaires. L’atelier utilise deux presses manuelles, qui restent ses outils principaux jusqu’à aujourd’hui : une presse lithographique Brisset qui a autrefois appartenu à Jean Fautrier ; et une presse à gravure format 120×250 cm fabriquée dans les années 70 pour l’artiste suédois Bengt Lindstrom. Au fil de son développement, l’atelier est devenu de plus en plus une sorte de laboratoire pour la création, où l’art de l’impression est constamment réinventé.

La presse manuelle impose de petits tirages mais donne au résultat un rendu et une finesse que l’on peut définir comme la Haute Couture de l’impression. Les artistes créent directement dans l’atelier et sur l’outil, une œuvre singulière. Soit sous forme d’œuvres à accrocher au mur, soit sous forme de livres d’artistes.

Woolworth s’associe à la genèse de leur travail imprimé, en les invitant à définir le format, le type de papier, la technique à utiliser. Ensuite, les œuvres sont diffusées via l’espace galerie et dans les foires internationales.

Aujourd’hui, une très belle sélection d’œuvres issues de l’atelier est visible à la galerie Nomad, à Bruxelles. Le galeriste Walter De Weerdt présente habituellement des artistes d’origine africaine. C’est via l’artiste africain Barthélémy Toguo qu’il a pris contact avec Michael Woolworth.

 

slide_atelier_woolworth-670x220A voir, un « Homme qui dort » au cadrage particulier et aux traits graphiques, lithographié par Djamel Tatah. Un grand Pinochio de la sublime série de ce petit personnage « mythique », créée par l’Américain.  Une litographie narrative de Marc Desgrandchamps, qui a développé un style très particulier dans l’atelier de Woolworth, en trois passages de couleurs sourdes. On y voit entre deux rideaux ouverts, une femme, de dos, dans un geste arrêté, dont le corps se reflète et sur le meuble qui complète le décor, et sur le miroir qui le surmonte. Passionnante aussi, la série de bois de Stephane Bordarier, avec leurs deux aplats de couleur qui s’étalent, se touchent, s’embrassent ou se confrontent.

Précieuse, l’œuvre de José Maria Sicilia, qui presse des fleurs fraîches entre des papiers Japon. A l’étage inférieur, la série de 12 linogravures « The erotic diary of Lumberjack » de Barthélémy Toguo, parue en 2009, déploie humour jouissif, aplats bleu et traits comme coupés dans le papier.

Works on paper, rare editions and artists books
Nomad Gallery
Bruxelles
www.moba.be
www.michaelwoolworth.com

Paru dans en 2011 dans L’Echo

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.