A l’arrivée de son nouveau commissaire, Guillaume Désanges, début 2013, la Verrière Hermès a ouvert un nouveau cycle d’expositions. En avril, sur le thème “Des gestes de la pensée”, autour de Marcel Duchamp, on trouvait  10 artistes conceptuels mais également artisans de leurs propres oeuvres, entrant subtilement en résonnance avec “Boîte en valise verte”. Dont Francesco Tropa, qui est aujourd’hui invité en solo.

Francesco Tropa est un artiste portugais né en 1968 qui vit et travaille à Lisbonne. Il a représenté son pays à Venise en 2011. Chez lui, le geste intuitif et la pensée se mêlent en une oeuvre narrative qui se déploie sur plusieurs années. Tel le chercheur qui passe de nombreux mois dans les archives, Tropa  creuse sa pensée et laisse émerger une représentation d’un monde rêvé dont il aime à nous montrer les beautés, en plusieurs étapes ou chapitres.

“TSAE, Trésors Submergés de l’Ancienne Egypte”, c’est le conte réel ou irréel que l’artiste raconte autour d’un prétendu trésor trouvé au fond d’une sépulture découverte dans le flanc d’une montage, au bord de l’eau. Quelle montage? On ne sait pas. Au bord d’une rivière, d’une mer? On ne le sait pas non plus. Structurée autour de trois chambres qui constituent les 3 chapitres du projet: “Partie submergée”, “Chambre violée” et Terra Platonica”, l’exposition présente une vaste installation protéiforme, mêlant sculptures et sérigraphies, sensée résumer le monde oublié et retrouvé, voir inventé par lui-même.

Des boîtes, faites de plaques de verre coloré (Tropa a résidé à Murano) et de pièces de bois croisées. D’autres boîtes, semblant de bois mais faites de bronze. Des sérigraphies reprenant les plans et coupes pour atteindre les trésors décrits. D’autres déployant une iconographie étrange trouvée (c’est lui qui le dit) dans la sépulture et représentant plusieurs symboles d’une civilisation oubliée. D’autres boîtes contenant des schémas en trois dimensions construits de verre et de cuivre, comme des mappemondes d’univers inconnus.

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Tous ces objets, formellement très esthétiques, artisanalement et amoureusement fabriqués, content l’histoire de ces trésors submergés. C’est poétique et ironique à la fois. Tropa circule avec réjouissance dans l’exposition. Il la raconte. Affirme, le sourire en coin, devant chaque oeuvre, que tel épisode a bien eu lieu. L’ensemble est une vaste exploration de ce qu’est la croyance, de ce qu’est l’Histoire, de ce qu’est un mythe et de comment il se construit. A voir.

“TSAE, Trésors Submergés de l’Ancienne Egypte”
La Verrière Hermès
Bruxelles

Paru en septembre 2013 dans L’Echo

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