Les merveilles des deux Alice

Plusieurs artistes à découvrir dans le bas de la ville, chez Alice et chez Aliceday…

Au Quai du Bois à Brûler, on peut découvrir Charles Karubian, un peintre américain né en 1969. Avec une technique classique de peinture à l’huile, dans des tons de terre, de bruns, de jaunes brûlés, de rouges salis et de verts kaki, Karubian déploie un univers ultra actuel, dans la tradition de représentation des portraits et des natures mortes occidentales.

archive_40_rental-1

Brouillant les frontières entre les genres, s’inspirant de tableaux anciens dont il reprend parfois un élément – là, une tête chapeautée de Velasquez, il compose des assemblages d’éléments disparates. Voici deux mains, une basket, quelques emballages, une cigarette, un globe oculaire… Sur le chapeau du gentilhomme moustachu de Velasquez, une boîte aux lettres… Une étrangeté mais aussi beaucoup d’ironie et une jubilation émanent de ces toiles. Les accumulations d’objets sans lien entre eux, le travail maîtrisé à l’huile, les références à l’histoire de l’art, tout cela crée un univers très personnel, à la fois pensé et incohérent, très intéressant.tumblr_static_tumblr_lbpy5dgrvt1qbvb3qo1_500

Dans la première salle de la galerie, très beaux clichés de J.D. ‘Okhai Ojeikere, photographe autodidacte nigérian. Depuis 40 ans, il photographie les coiffures des femmes nigérianes dans la rue, au bureau, dans les fêtes, de façon systématique, de dos et parfois de profil. Les photos en noir et blanc, de format presque carré, sont extrêmement graphiques, presque abstraites. Son œuvre constitue un projet esthétique, mais aussi l’expression d’un patrimoine anthropologique et ethnographique.

Charles Karubian
Aliceday
Bruxelles

AdiosAdios #4_Group show

Initiée par deux artistes finlandais, la série de livres « Adios » s’enrichit d’un quatrième volume. L’objet de cette édition est la présentation du travail de 10 jeunes artistes nordiques. L’univers très particulier de ces Finlandais, Norvégiens, Suédois, Danois et Islandais est à voir à la galerie Alice.  Dans ces pays du nord, il y a peu de galeries d’art (excepté au Danemark) et pas de tradition d’achat d’art contemporain. Les artistes sont complètement pris en charge par la communauté, sous forme de bourses, d’études gratuites. Ensuite, ils exposent directement dans les musées. Ce système très protégé les déconnecte de la société et… eux-mêmes qui s’en plaignent.

A voir aujourd’hui, des pièces de qualité diverse, qui déploie l’héritage de l’esthétique si particulière des années 1960. Les jeunes artistes y interrogent avec humour et détachement leur rapport à cette société qui les surprotège et les engloutit. Deux très beaux longs papiers dessinés au feutre, sous forme de carnet de croquis en accordéon. Une intéressante peinture sur tissu et une inénarrable paire de gants faite à partir de pattes d’ours. C’est pointu et intéressant.

Alice Gallery
Bruxelles

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié.