Le rendez-vous de l’éclectisme

Très jolie affiche et beaucoup de pub pour l’exposition « Wunderkammer. Cabinet de curiosités contemporain » à voir actuellement au Botanique. Celle-ci rassemble 20 plasticiens, travaillant principalement en Belgique, sur le thème du cabinet de curiosités.

url10Les cabinets de curiosités sont apparus en Europe dès la Renaissance et sont à l’origine des musées d’art et d’histoire naturelle. On y présentait, avec un goût prononcé pour l’étrange et l’inédit, des œuvres, des objets symboliques et des animaux empaillés, insectes rares et squelettes divers. Le but n’était pas forcément de collectionner ou de répertorier des objets de manière encyclopédique, mais plutôt de faire naître un ensemble qui représentait intimement et parlait de son propriétaire. L’éclectisme de leur contenu et les croyances qui s’y rapportaient (le cabinet de curiosités, c’était un peu la châsse de l’agnostique) ont essaimé jusqu’au 19ème. Ensuite, on a vu l’apparition des musées institutionnels.

L’idée du commissaire de l’exposition, Antonio Nardone, est de reproduire ici le foisonnement et le côté hétéroclite de ces drôles de collections. Dans ce but, une partie du bel espace du Botanique ainsi que la galerie au premier étage ont été fermées. C’est bien dommage. Dans un volume fermé, la scénographie, touffue, tend à reproduire l’ambiance d’un cabinet de curiosités, avec ses accumulations d’objets hétéroclites.

Quelques stars et quelques excellents artistes sont à voir ici. Dans l’ordre, Wim Delvoye, avec deux très beaux vitraux et Jan Fabre, sans surprises. Puis, les crânes gravés si subtils de Charley Case sont malheureusement présentés dans une ancienne vitrine et perdent beaucoup de leur attrait. On pointe les animaux bandés et les papillons de Pascal Bernier. Les Vierges à l’enfant retravaillées de Vincent Solheid. Les photos étranges mêlant corps humain et touches animales (taches sur la peau, crinière…) de Roberto Kusterle. Les trophées stellaires de Michel Mouffe, sortes d’apparitions sculpturales étrangement belles. Et les os humains  bobinés de fil rouge, qu’on a pu voir déjà à l’Iselp. Foisonnement et étrangeté sont bien au rendez-vous, malgré des panneaux de présentation remplis de fautes d’orthographe.

Par contre, ça sent un peu le copinage quand de nombreux artistes représentés par la galerie du commissaire sont exposés ici. Ainsi, les grands personnages/insectes de Bénédicte van Caloen méritaient-ils une énorme vitrine ? Les photos de Patrick Van Roy, par ailleurs excellentes, avaient-elles leur place ici ? Une étrange affaire.

Wunderkammer. Cabinet de Curiosités contemporain.
Le Botanique
Bruxelles

Paru en 2011 dans L’Echo

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