Sans quelques jours s’ouvre à Bruxelles la deuxième édition du salon de la photographie contemporaine, Fotofever, à Tour & Taxis. Un événement qui vient s’ajouter à tous ceux qui font de plus en plus de Bruxelles un lieu important pour l’art contemporain. Centrale, facile d’accès, la ville accueille des collectionneurs du monde entier. Ce salon, aux mêmes dates qu’Art on Paper (www.artonpaper.be), tirera sûrement profit de ces synergies pour faire le plein. Rencontre avec sa fondatrice et directrice.

Issue d’une famille de photographes professionnels, Cécile Schall travaille durant 15 ans comme directrice marketing et communication dans différents groupes internationaux. C’est auprès de grands photographes tels que Roger Schall, son grand père, et Willy Ronis qu’elle développe ensuite sa passion pour la photo. Pour valoriser le patrimoine photographique de son grand-père, elle organise une première exposition en 2007. L’idée de Fotofever, elle l’a depuis 10 ans.  Elle fait ses armes dans l’univers des foires d’art internationales en tant que directrice de foire pendant cinq ans auprès de Will Ramsay, co-fondateur de Art Hong-Kong (maintenant Art Basel Hong Kong), Pulse et Affordable Art Fair. Elle crée la première édition de Fotofever en 2011 à Paris.

Aujourd’hui, c’est la deuxième édition belge de Fotover qui s’ouvre à Bruxelles et ce sera quelques jours plus tard la deuxième édition du salon de Paris, démarré en 2011.

« Bruxelles est importante pour accompagner le développement international du marché de la photo. C’est une ville accessible, géographiquement et financièrement. Il y a de la place pour la jeune création. Mon objectif est de piquer la curiosité d’une nouvelle génération de collectionneurs. Nous avons eu 10.000 visiteurs en trois jours à Bruxelles l’année passée et 15.000 à Paris en 2011. Evidemment on espère faire mieux cette année.

Comment sélectionnez-vous les galeries ?

Bien évidemment, la qualité de notre programmation dépend de la qualité des galeries participantes. Mais une foire, c’est un puzzle qui se construit petit à petit. Nous n’avons pas contacté les galeries dont nous n’avions pas envie mais nous n’avons refusé personne. L’événement est à ses débuts, nous avons besoin d’un certain nombre d’exposants pour être viable. En tant qu’organisateurs, nous avons une vue d’ensemble et les galeries nous demande parfois quels artistes mettre en avant et comment construire leur scénographie.  Ce que nous faisons avec Janette Danel, la directrice artistique de Fotofever.

L’année passée la communication était un peu confuse.

Oui, c’était une première fois. Nous allons améliorer certains points cette année. Pour Bruxelles, nous avons prévu des invitations papier et nous soignons notre communication. Il y aura plusieurs publications : un petit guide du visiteur, un catalogue ainsi qu’un guide du collectionneur qui reprendra les clés pour comprendre la photo, son histoire, un lexique et une présentation de la collection privée mise en avant.

Qu’est-ce qu’une bonne photographie ? A partir de quand est-ce une œuvre d’art et pas juste un cliché décoratif ou de reportage ?

La photographie est un outil. Ce n’est pas l’outil qui fait l’artiste, c’est l ‘œil, la démarche. Il est donc utile de regarder le travail d’un photographe sur une certaine durée, pour juger de sa cohérence.

Des initiatives à pointer cette année ?

Nous aurons, comme l’année passée, un espace réservé à des photos issues d’une collection privée. En 2012, la sélection de photographies sur le thème de l’œil, de la collectionneuse belge Galila, avait été très appréciée. Cette année, le thème est « la fesse ».

D’autre part, nous avons essayé de créer des synergies avec Bozar, avec le musée de la photographie d’Anvers – le FoMu, ainsi qu’avec le musée de la Photographie de Charleroi. C’est sûr qu’un salon comme Fotofever fédère les énergies et rend visible ce champ de l’art contemporain.

Et le Fotoprize ?

Pour ce prix, nous avons lancé un appel aux candidats à ce concours partout en Europe dans les écoles de photo. Les candidats doivent être diplômés depuis moins de cinq ans. En 2012, nous avons eu 52 dépôts de candidature. L’artiste sélectionné se verra offrir un espace d’exposition du le salon de Bruxelles et sur celui de Paris.

Fotofever Bruxelles, Tour & Taxis
Fotofever Paris, Carrousel du Louvre

 Paru en septembre 2013 dans L’Echo

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