Autour de la trentième édition d’Art Brussels, se greffent de nombreux projets, liés directement ou indirectement à la foire d’art contemporain, qui attire de plus en plus de collectionneurs internationaux. Bien sûr, il s’agit de profiter du buzz de la foire, mais pas seulement. On peut y voir aussi des possibilités pour les visiteurs, d’avoir un regard encore plus large sur l’art actuel. Aperçu des différentes initiatives hors les murs et autres soutiens privés et institutionnels. Le week-end prochain, enfilez vos baskets !

Les évènements Off qui se développent autour d’une foire d’art contemporain, c’est la preuve que celle-ci a acquis suffisamment de notoriété et une bonne assise. La métaphore des boules de gui qui s’installe sur un arbre peut servir à comprendre comment d’autres évènements colonisent un événement qui est devenu majeur et solide. Plusieurs facettes à ces « programmes Off ».

Tout d’abord, les « Hors les murs » organisés par Art Brussels : Video in the City et Art in the City (avec la ville de Bruxelles). On pointe ensuite le soutien institutionnel de la ville de Bruxelles, ainsi que les initiatives privées de collectionneurs belges ou étrangers, qui ont ouvert des musées ou centres d’art privés. A l’occasion d’Art Brussels, ceux-ci sont ravis de mettre en place un accrochage spécifique. Par exemple, chez Maison Particulière (www.maisonparticuliere.be), ouvert par les Français Myriam et Amaury de Solages, on pourra voir des pièces de trois collectionneurs amis. Ou, tout nouveau tout beau, le C.A.B.(www.cab.be), centre d’art ouvert par le collectionneur Hubert Bonnet, qui présente des artistes brésiliens. Et pour finir, les initiatives extérieures, sur le mode de la foire Off. Mais qu’en pense Karen Renders, directrice d’Art Brussels ?

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Karen Renders, que pensez-vous des foires Off qui émergent autour d’Art Brussels?

Les foires Off sont un phénomène qu’on observe autour de toutes les grandes foires d’art contemporain. C’est flatteur, c’est vrai, mais nous sommes une foire au profil jeune, avec un palais réservé aux galeries établies et un palais pour les jeunes galeries. Il n’y a donc pas réellement de nécessité d’avoir des foires off. Je crois que cela a moins de sens que quand ça se passe à Bâle ou à Paris.

Quand on regarde Art Basel, qui est une foire installée, il y a 5 à 10 foires Off autour de l’événement. Il y a aussi une foire Off  considérée comme « officielle », qui s’appelle « Liste ». Il y a un phénomène similaire lors de Frieze à Londres avec « Sunday ». Par contre, à Miami, il y a une prolifération de foires Off. C’est l’autre extrême. Et c’est beaucoup trop : Le collectionneur ne sait plus vers où tourner la tête.

Mais vous parlez de quelques foires Off dans la brochure d’Art Brussels

Nous communiquons sur les Off, nous pensons qu’il est juste d’avoir une attitude collégiale. Mais il est évidemment très important qu’elles soient de bonne qualité : c’est alors une plus-value pour nos visiteurs. Si les foires Off sont de mauvaise qualité, cela déteint sur l’impression générale qu’auront les visiteurs et collectionneurs internationaux. C’est désagréable car nous n’avons aucun contrôle. Ce n’est pas un nouveau phénomène pour nous, il y a eu « Art on paper », organisé par Pierre Hallet depuis 4 années (et qui est déplacé cette année au mois d’octobre, ndlr).

Des Off « officiels » ?

A Art Brussels, nous avons aussi des Off créées avec nos partenaires. Il s’agit d’initiatives institutionnelles, de collectionneurs ou autres, qui font des liens avec la foire.

Ainsi, la première expo du nouveau centre d’art C.A.B., une nouvelle exposition dans la collection Vanhaerents, le centre d’art  Le Temple qui s’accroche à notre initiative Video in the City…

Hors les murs

 Art in the City :

C’est grâce à une étude faite par des étudiants de Solvay sur l’impact d’Art Brussels sur Bruxelles, que la ville a commencé à bouger et à collaborer avec la foire. Elle a institué une semaine « Brussels Contemporary », via l’organisme « Visit Brussels », autour des dates de la foire. Depuis 4 ans, Bruxelles sélectionne parmi 15 artistes participants des galeries exposantes, une œuvre d’extérieur qui sera ensuite achetée par la ville et installée dans l’espace urbain. Le gagnant est annoncé le 19 avril, lors de l’ouverture de la foire. Les 15 œuvres pré-sélectionnées seront installées (par les galeries) pendant quelques jours dans le joli parc d’Egmont.

Video in the city

Dans l’ancien cinéma Arenberg, rebaptisé Galerie Cinéma, on pourra découvrir une sélection de vidéos d’artistes représentés par les galeries exposantes. Les vidéos sont sélectionnées par un comité de professionnels : Muriel Andrin (Dr. Prof. Master en Arts du Spectacle – Cinéma, ULB), Lieven Declerck (collectionneur) et Rolf Quaghebeur (directeur général dʼARGOS).

En parallèle, au même endroit, la commissaire du très qualitatif Centre d’art Le Temple, à Paris, propose la projection du dernier film « The Host and The Cloud » de Pierre Huyghe.

www.galeries.be

 Les foires Off

Slick

Fondée en 2006 à Paris, par Johan Tamer-Morael et Aude de Bourbon Parme, Slick a rassemblé 22 galeries pour sa première édition, au même moment que la Fiac. Depuis deux ans, elle est logée dans les bâtiments du Palais de Tokyo et du Musée de la Ville de Paris et fait largement parler d’elle. Au départ, l’idée était, pour le galeriste Johan Tamer-Morael, de s’allier à d’autres galeristes émergeants. Aujourd’hui totalement dédié à son projet Slick, Tamer-Moreal a engagé un directeur artistique, Laurent Boudier (créateur en 2007 à Paris de la foire du dessin contemporain « Drawing Now »). Et Slick s’exporte pour la première fois à Bruxelles. « Il y a beaucoup de collectionneurs belges, expliquent Tamer-Moreal et Boudier. Ils sont mobiles, curieux, ils sont capables de choix indépendants, ils sont attentifs aux artistes émergents et ils se décident vite ! » Leur ambition est de faire de Slick une foire internationale, présentant des artistes peu connus. La foire sera hébergée à la Wild Gallery, un espace de 2200m2 à deux pas du Wiels. En sus des 46 galeries présentes, il y aura près de 20 Slick Projects : des œuvres créées spécialement pour l’occasion par des artistes sélectionnés par Laurent Boudier, aidé d’un comité, et qui seront présentées dans autant d’espaces réservés.

www.slickartfair.com

La Trajector Art Fair

Née de l’initiative de Ken Pratt, un anglais installé à Bruxelles, la Trajector Art Fair a vu le jour il y a trois ans, greffée sur les « Art n Bloom » qui ont lieu à l’Hôtel Bloom !. Dès son ouverture, l’hôtel Bloom ! s’est distingué en invitant des artistes à réaliser une fresque dans chacune de ses chambres. Depuis, tous les 3 mois, il organise un événement autour de l’art : « Art n Bloom ». Pour la troisième édition de la Trajector Art Fair, la meeting lounge du premier étage est colonisée. On pourra y voir des œuvres des lauréats des deux années précédentes, Angie Reed et Jemima Brown, ainsi que de trois autres artistes anglais que l’hôtel invite et loge, bien évidemment !

www.trajectorartfair.org

 Poppositions

Liv Vaisberg (1981) dirige une galerie itinérante, la Ponyhof Gallery. Avec deux autres organisateurs tout aussi jeunes, Aleksandra Eriksson (responsable de projet) et Pieter Vermeulen (commissaire), elle a mis en place ce projet de « foire alternative ». « Malgré le fait que certaines jeunes galeries osent expérimenter plus librement et jouent un rôle important de soutien des artistes tôt dans leur carrière, elles ne peuvent pas faire partie des foires pour des raisons financières mais aussi parce qu’elles pratiquent des modèles non conventionnels qui les empêchent de postuler (par exemple, galerie itinérante). », explique Aleksandra Eriksson. « Nous voulions expérimenter de nouvelles formes de rencontre entre peintres, commissaires d’exposition et le public… Nous cherchions un endroit pour exposer durant Art Brussels. » Le responsable de Bruxelles Congrès, Edouard Meier – par ailleurs initiateur du projet « Galeries » dans l’ancien cinéma Arenberg, a « parrainé » l’initiative en mettant la gare Congrès à disposition de Poppositions. Les oeuvres présentées d’une douzaine d’artistes ont été conçues en interaction délibérée avec l’architecture et l’esprit de la gare du Bruxelles Congrès.

www.poppositions.com

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