Hommage re-découverte – Deux manières de penser

Hommage re-découverte

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Vasarely, honoré par Pompidou, artiste devenu officiel, avait tellement bien organisé sa sortie, mettant sur pied pas moins de 4 musées ou fondations à son honneur avant sa mort, que son mausolée auto-érigé s’est effondré à son décès. En fin de vie, il est décrié, on lui reproche d’être partout, de ne pas s’être renouvelé, de réaliser des séries, de faire du merchandising. La musée d’Ixelles propose une jolie manière de redécouvrir les “bonnes années” et la qualité picturale des oeuvres de Victor Vasarely, entre 1940 et 70. Peintre et théoricien, il invente un langage pictural et écrit une Théorie de l’Alphabet Plastique. En Belgique, Il inspire Jo delahaut.

Depuis quelques années, sa réhabilitation s’est construite, lui assurant une place majeure dans l’histoire de l’abstraction et plus spécifiquement de l’art optique. Né en 1906 en Hongrie, il s’installe très vite à Paris où il entreprend ses premières recherches systématiques sur les effets d’optique. L’exposition présente une large palette d’oeuvres en noir et blanc courant sur toute la longueur de la salle et faisant face à des oeuvres en couleurs, dont le charme vient de la texture imparfaite des aplats  Au premier étage, quelques oeuvres de ses dernières années, moins poétiques. On pointe l’Hommage à Vasarely, une sculpture cinétique de Lab(au), un trio d’artistes contemporains. Comme toujours, un carnet ludique est créé spécialement pour les enfants.

Vasarely
Musée d’Ixelles
Bruxelles

Deux manières de penser

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Réflexion sur le fait de peindre, offerte par Stephan Balleux, peintre qui refuse de peindre, à l’Iselp. Tout d’abord, plusieurs anamorphoses monumentales ornent directement les murs de la grande salle et doivent se voir de la passerelle. Dessinées, elles sèment la confusion, puisqu’elles représentent des sculptures. Plus loin, dans la pénombre, une installation de plusieurs photographies autour de la reproduction d’images: un cadre vide, l’arrière d’une toile, … Stephan Balleux, dont les immenses toiles sont somptueuses, semble avoir peur de son talent et cherche à s’interroger sur le pourquoi, les possibilités et les limites de la peinture.

Dans l’autre bâtiment, “’O Superman” d’Emmanuel Van der Auwera est plus généreux. Celui-ci ausculte avec détermination et amusement les dispositifs ultra-sophistiqués de contrôle de l’information et de surveillance. Une double longue ligne de feuilles de journaux, saturées de couleurs ; des origami de billets de dollars ; des portraits collés au mur et s’y fondant: un monde cohérent qui dit la catastrophe à venir de notre civilisation de l’image. Cette exposition est le pendant bruxellois de celle présentée par l’artiste à l’Ikob d’Eupen.

Stephan Balleux, jusqu’au 14 décembre
Emmanuel Van der Auwera, jusqu’au 16 novembre
Iselp
Bruxelles

Paru en octobre 2013 dans L’Echo

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