Finschi – Goblet – Seguy

photo2Corps et âmes

De ses années de formation, tant en arts plastiques qu’en danse, Serge Finschi, né en 1971, fait naître une manière de dessiner tout à fait nouvelle et étonnante. Du Tibet à l’Inde, en passant par Florence, Carrare ou les Etats-Unis, cet artiste a croisé et traversé des cultures et des manières d’être au monde très différentes.

Son dessin, directement lié au corps, en est le résumé. Dansant autour du papier, se pliant, s’agenouillant et se couchant dessus, testant les limites d’extension ou de torsion de ses bras, des doigts qui tiennent le crayon, il produit un dessin d’une grande beauté. Sa propre échelle, son propre poids, masse et surfaces dont il ne peut se soustraire lorsqu’il dessine sont les éléments immédiats, premiers, qui donneront forme et détermineront la forme de son dessin. Les traits posés sur le papier sont comme le résultat d’une équation mystérieuse, celle du corps en mouvement. Voici donc sur d’immenses papiers : des nuages ou des nuées de marques de crayon, un rythme, quelque chose d’infiniment léger et plein à la fois.

Quelle bonne idée de mettre ces très grands formats en regard avec le travail sur l’intime, l’humain, de Dominique Goblet. Dominique Goblet est une peintre et illustratrice belge née en 1967. Cette artiste élabore toutes sortes de récits sur de nombreux supports : peintures, dessins, photographies, textes, installations, carnets, objets, fragments divers. Elle publie notamment à L’Association, la même maison d’édition que Marjane Satrapi. Elle présente aujourd’hui des croquis et dessins. Sur des papiers texturés, salis, tâchés, elle trace les silhouettes de personnages plutôt bédéhesques. Ils ressemblent à ceux que chacun croise tous les jours dans la rue, dans le tram, au bureau. Dominique Goblet leur ajoute une touche de tragique, avec un sens aigu du second degré. Introspection, rêves sombres, poétisation d’une vie morne, rapport tronqué au corps… ces petits silhouettes vivent des moments pas faciles et l’artiste nous en fait l’illustration. C’est jubilatoire.

Serge Finschi
Dominique Goblet
Galerie Pierre Hallet
Bruxelles

Extras-terrestres

seguy_x_02Jeux de mots et jeux de langue, alliés à un plaisir à dialoguer avec la forme, voilà ce qui meut Martine Seguy, qui lit chaque jour toute la presse écrite belge pour l’organisation internationale pour laquelle elle travaille. Ensuite, coquine, elle découpe  des morceaux de phrases, et les range dans différents tiroirs, par taille de police, par thèmes. Ayant choisi un support : toile, objet, elle le recouvre d’un puzzle de phrases, associées de manière ludique. En jaillit un sens nouveau, souvent sur un ton joyeux, détournant sans complexes les nouvelles sinistres du monde. On peut découvrir son travail plastique et son sens de la formule dans l’exposition qui se tient à la Gallery 44, avec le dessinateur Tim Vin.

Tim Vin  travaille à partir de taches : précis et soigné, des personnages prennent corps, à la mine de plomb avec rehaut de blanc.  On dirait parfois le trait du dessinateur Moebius. Plantés là, ses bonhommes dégagent une étrange présence. Une balade à ne pas manquer.

 Tim Vin et Martine Seguy
Gallery 44
Bruxelles

Une réponse

  1. Muriel de Crayencour
    Muriel de Crayencour

    je n’ai pas ses coordonnées mais peut être pouvez vous contacter la galerie pierre hallet qui l’expose

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