Eggericx, Bruxellois et visionnaire

 

eggericx2C’est une donation exceptionnelle qui a prévalu à l’exposition qui s’ouvre aujourd’hui  aux Archives d’Architecture Moderne. Le fils de l’architecte propose les archives de son père à la vente. Elles sont acquises par la Fondation Roi Baudouin, qui en fait don aux Archives d’Architecture Moderne, situées à Ixelles, dans la Fondation pour l’Architecture. Il faut deux années pour classer et étudier les documents, grâce à une subvention accordée par Charles Picqué. Voici le dernier fond d’archives d’architecture en déserrance sauvé.

Jean-Jules Eggericx, actif dans l’entre-deux-guerres, est connu comme le créateur des cités-jardins Floréal et Le Logis, à Watermael-Boitsfort, à partir de 1921. Cités-jardins connues de tous les Bruxellois, depuis classées comme monuments.

Eggericx passe les années de la Grande Guerre comme ingénieur dans une usine d’aviation en Angleterre. A son retour en Belgique en 1919, imprégné de culture britannique, il se passionne pour les rapports entre architecture et nature. En témoignent, notamment, ses réalisations en matière de maisons économiques mais aussi ses autres constructions, dont le théatre privé de la danseuse Akarova et la maison Petrucci-Wolfers à Ixelles.

Hostile au style Horta, dont il a été stagiaire, Eggericx fait  partie avec Huib Hoste, Victor Bourgeois et Lousi Herman De Koninck, des principales personnalités du modernisme belge de l’entre-deux-guerres. Cependant, comme il aime les modes de construction traditionnels avec des matériaux locaux., il a peu de choses à voir avec la Plastique Pure de Bourgeois et le purisme de Le Corbusier. Même dans ses grands immeubles d’appartement de la deuxième partie de sa vie, on sent une attention particulière à l’humain. Eggericx sera professeur d’architecture à La Cambre de 1027 à 1954, à l’invitation d’Henry van de Velde.

En 1923, il s’associe avec Raphaël Verwilgen, avec qui il réalise les résidences jumelles Léopold et Albert, square de Meeûs, au style années 30 qui tient encore très bien la route aujourd’hui. Ils sont les auteurs du pavillon belge de l’Exposition de Paris de 1937, avec un bâtiment bas, infiniment élégant, pointant une façade arrondie vers la Seine, au pied de la tour Eiffel.  Dans l’exposition, on peut voir les dessins de présenation du projet, avec 3 versions de la façade.

Au cours de l’exposition, en plus des plans et dessins préparatoires ou de présentation, d’intéressantes publications de l’époque sont à découvrir, ainsi que des dessins de mobilier pour la maison Petrucci-Wolfers. On découvre aussi des croquis pour les immeubles à appartement, dans lesquels Eggericx fait des recherche de beauté formelle, dans le rythme et la succession des fenêtres et des terrasses. Plus loin, des affiches et recherches pour logos, où l’architecte joue avec la typographie et se transforme en graphiste.

L’exposition, bien que très spécialisée, est intéressante à découvrir par tous, car on marche dans les pas d’un architecte, mais aussi, et c’est passionnant, dans l’histoire récente de l’architecture Bruxelles. Une monographie est publiée à l’occasion de l’exposition.

Jean-Jules Eggericx
Fondation pour l’Architecure
Bruxelles

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